De « MIRIRE » à « BURUNDI BWACU », Le génie poético-musical de l’Abbé Marc BARENGAYABO.

Photo: L’Abbé Marc BARENGAYABO

Le plus grand auteur-compositeur que le Burundi ait jamais connu, inégalable, incomparable, ce digne « Père de la Musique burundaise moderne », l’Abbé Marc BARENGAYABO, ferait davantage parler de lui aujourd’hui comme icône de notre Art musical, si, selon le souhait qu’il avait émis en 1977, le Burundi avait créé une Faculté de Musique au sein de son Université nationale.

« MIRIRE » fut le premier chef-d’œuvre musical sorti de sa plume, qui attira l’attention du tout premier gouvernement du Burundi, de l’Eglise et du public vers ce jeune étudiant du Petit Séminaire de Mugera en 1961, lequel entrait la même année au Grand Séminaire de Burasira. En Mars 2012, IWACU écrivait à son propos :

« … Son talent pour la musique avait été détecté dès le Petit Séminaire de Mugera. Pour le sacre de Monseigneur MAKARAKIZA, le jeune séminariste avait composé un chant « MIRIRE ». Ce chant exécuté en public, a transporté littéralement l’assistance. C’est alors qu’une délégation gouvernementale conduite par le Premier Ministre MUHIRWA est allée trouver les responsables du Grand Séminaire de Burasira pour leur demander de confier la composition de l’Hymne national au Séminariste auteur du chant « MIRIRE » qui avait tant épaté le public. Le jeune BARENGAYABO a pris peur. Il ne comprenait pas. Mais, rassuré par ses supérieurs, il a pris une retraite au Séminaire de Mureke durant une semaine pour se consacrer à la composition musicale. »

Hormis sa génération, qui d’autre a prêté attention à la riche poésie de ce chant qui est considéré comme précurseur de la naissance de l’Hymne national du Burundi ?

MIRIRE

« Nzokurata, Burundi, nzokurata (Mirire)
Nzogukeza, Muvyeyi, wanyibarutse (Mirire)
Nzogusiga, Burundi, nzogusiga (Mirire)
Uri inyange, Gihugu c’ubwiza (Mirire)
Inarugo, Burundi, arakuranga (Mirire)
Mu nyambaro, Burundi, arakwambika (Mirire)
Mu ngendo, Burundi, arakuranga (Mirire)
Mu guhana, Kirezi, atrakurerera (Mirire)
Mu bikorwa, Kirezi, arakwunguruza (Mirire)

Na Serugo, Burundi, araguserura (Mirire)
Ni we aguha, Mirire, icubahiro (Mirire)
Ni we nkingi, Burundi, y’amahoro (Mirire)
Tera imbere, Gihugu c’amahoro (Mirire)

Gira ubumwe, Burundi, bushimitse (Mirire)
Ehe ivyiza ni abana wibarutse (Mirire)
Nzokurata, Mirire, mu makungu (Mirire)

Mais, en réalité, où réside la force et la profondeur du message de « MIRIRE » ?
Expression d’honneur empruntée au vocable « AMIRIRE » désignant le « lait de vache » complet, non transformé, gardé soigneusement durant toute une journée, « MIRIRE » devient pour BARENGAYABO, mais au grand étonnement de tous, l’appellation digne d’être collée au Burundi. Pourquoi ?
Certainement que l’auteur trouve très significatif de chanter son cher Burundi dans un style métaphorique où il lui attribue les grandes valeurs et bienfaits reconnus au « lait de vache » qui, dans la tradition burundaise, nourrit richement le bébé jusqu’au sevrage et même dans la vieillesse. (Inka zikora ibirama : amata yazo ararera, agacutsa, akaramura).
Et le poète d’employer des expressions riches de sens :
– Nzokurata : pour signifier, je te vanterai, je t’exalterai, car tu m’es si chère, tu es mon tout, O Burundi !
– Nzogukeza : je viendrai comme vers une mère qui a donné naissance, et à qui l’on apporte pleins de cadeaux, signes de félicitations, de fierté, de reconnaissance, mais aussi d’espoir.
– Nzogusiga : pour signifier, je t’oindrai d’une huile précieuse, je te parfumerai pour te rendre toujours plus attrayant, toujours meilleure, O Burundi !
– Uri Inyange : pour signifier l’Ibis blanc, oiseau-berger, sans taches, beau, mais surtout fidèle et endurant.
– La femme burundaise te représente dignement, car par son accoutrement, elle te revêt et te couvre d’honneur ; par sa démarche, elle illustre ta douceur dans tous les secteurs de la vie nationale ; par la correction qu’elle donne à ses enfants, elle les élève pour en faire des citoyens fidèles et responsables qui te défendront ; par ses durs travaux, elle donne un coup de pouce à ton développement.
– Et l’homme Murundi ? Il est le reflet de ta dignité, c’est lui qui te couvre d’honneur et de grandeur, c’est lui le pilier de ta paix. Va de l’avant, Nation baignant dans la paix !

Et de terminer son si beau poème en souhaitant au Burundi de demeurer dans une unité solide et sans failles pour garantir l’avenir de sa plus grande et belle richesse : ses enfants.
Et voilà, bien que toujours incompris par les artistes-chanteurs burundais 40 ans plus tard, ce grand modèle d’un travail réfléchi en vue de la production d’une œuvre musicale de grande valeur s’imposera encore sur des siècles, qu’on le veuille ou non, comme référence dans l’art d’écrire et de composer des chansons au Burundi.

L’Abbé Marc BARENGAYABO n’était pas motivé par de bas sentiments de soif de faux succès ni d’un esprit de cupidité courant derrière l’argent. Reconnaissant personnellement sa propre valeur et son rôle en tant que fils digne de son pays, il était « rempli de grands sentiments de patriotisme mêlés d’un nationalisme militant au moment où le Royaume du Burundi allait prendre place dans le concert des nations libres. » (En 1962 bien sûr. DE L’INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE, UNE HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE, page 20). Souhaiteriez-vous un jour écouter « MIRIRE » ?

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Eduquer la Nouvelle Génération à Aimer et Pratiquer L’Usage de nos Instruments Musicaux Traditionnels.

La « Kora » est, par excellence, l’instrument musical-roi qui représente l’Art musical africain sur les podiums des spectacles artistiques mondiaux. Cet instrument ouest-africain n’a pas conquis cette gloire en un seul jour ; il a fallu un travail de longue haleine qui a requis à la fois courage, détermination, persévérance et fierté permanente de la part de l’homme Noir ! Pourrions-nous en tirer des leçons utiles pour la génération burundaise actuelle ?Le Burundi traditionnel ancien nous a légué un précieux héritage instrumental comprenant cinq instruments essentiels dont, un lamellophone, l’IKEMBE, trois cordophones, l’INANGA, l’UMUDULI et l’INDONONGO, ainsi qu’un membraphone, l’INGOMA, maître des rythmes « umurisho » et symbole de toute notre histoire ancienne. Ce dernier, honoré et ancré dans les profondeurs des racines des origines du Burundi en tant que nation, semble avoir tout naturellement gagné une sympathie particulière chez tous les Barundis. Ayant ressenti dans les battements de l’INGOMA une expression de bravoure, de dignité et de grandeur d’âme, la jeunesse burundaise moderne ne pouvait que l’aimer, l’adopter et le pratiquer volontiers. Mais, qu’en est-il des autres instruments cités?

Que l’INANGA, l’UMUDURI, l’IKEMBE et l’INDONONGO n’aient pas trouvé un chemin tout tracé dans les rêves artistiques de la jeunesse burundaise actuelle en milieu tant rural qu’urbain, devrait nous pousser à nous poser bien des questions résumées en une seule phrase : « Pourquoi ces instruments musicaux traditionnels ne sont-ils pas aimés et pratiqués à grande échelle par la nouvelle génération ? » Quatre réponses s’en dégagent :
– Il y a manque d’une vision de la responsabilité des aînés à qui incombe le rôle capital de transmettre les richesses artistiques traditionnelles aux générations à venir.
– Il y a manque d’une prise de conscience nationale quant à la sauvegarde des valeurs artistiques, dont les instruments musicaux traditionnels, qui doivent rester perpétuellement une des facettes de notre identité culturelle au sein du concert des nations.
– Il y a un puissant phénomène d’acculturation pesant sur la plupart des intellectuels burundais qui désormais attachent très peu d’intérêt à leur culture.
– Il y a manque d’un programme national concret d’éducation de la jeunesse à aimer et pratiquer l’usage de nos instruments musicaux traditionnels.
Ceci dit, n’est-il pas grand temps d’en parler et d’y penser ? En effet, si l’INANGA, l’UMUDULI, l’IKEMBE et l’INDONONGO disparaissaient complètement des mains et des doigts de nos jeunes, ce serait une disparition automatique de toutes les musiques et chansons du Burundi traditionnel bâties autour de ces instruments, mais aussi une perte totale des nombreuses poésies et de nos contes variés, sources de sagesse et d’’enseignement depuis les temps les plus reculés de notre histoire, et dont nos enfants et petits-enfants auront toujours besoin.
Il n’est jamais tard d’agir et de déclencher un réveil culturel musical traditionnel qui honorerait nos instruments musicaux, lesquels, aujourd’hui, semblent n’appartenir uniquement qu’à la classe des pauvres, des mendiants, des aveugles et autres personnes handicapées peuplant les rues de nos cités urbaines.
Pour ce faire, l’Institut de musicologie de Gitega se veut d’être un modèle où l’apprentissage des instruments musicaux traditionnels du Burundi reçoit la même importance que celui de la guitare, du piano, du saxophone, etc. Et pourquoi ne pas envisager de faire une proposition d’introduire dans l’enseignement fondamental des cours d’apprentissage de nos instruments musicaux traditionnels à côté de l’apprentissage des chansons et danses traditionnelles ?
Depuis le grand réveil culturel des nations africaines déclenché lors du premier Festival des Arts Nègres à Dakar en 1966, la promotion des musiques africaines et leurs instruments s’est de plus en plus imposée sur la scène mondiale. La « Kora » s’est hissée attirant autour d’elle diverses musiques du Sénégal, de la Guinée, du Mali, etc. Le Burundi, ne pourrait-il pas rêver de faire de même avec son INANGA et ses autres instruments au moment où la route nous est largement ouverte au travers de nos « INGOMA » aujourd’hui inscrits au Patrimoine de l’humanité ?

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L’ELITE UNIVERSITAIRE BURUNDAISE INTERPELLEE : Yves NISABWE, Universitaire Burundais engagé dans l’Oeuvre de Promotion de la Musique Traditionnelle Burundaise, s’exprime !

(Photo : Yves NISABWE avec Mgr. Dr. Justin BARANSANANIKIYE à Gitega)

« Je m’appelle Yves NISABWE, j’ai fait la Faculté de Communication à l’Université Lumière de Bujumbura et actuellement, je suis étudiant en Master en Développement à l’Université Senghor à Alexandrie, en Egypte. Je suis inscrit au sein du Département Culture dans la spécialité Communication et Médias. Dans cette formation, nous suivons des cours qui nous permettent de mettre en place des politiques visant le développement de nos pays. En tant qu’étudiant au Département Culture, j’ai choisi comme projet le développement de la musique burundaise, plus précisément la musique traditionnelle. Mon souci dans ce projet vient du fait que la musique moderne prend de plus en plus de l’ampleur au moment où la musique traditionnelle semble être oubliée. Le monde médiatique ne semble pas donner une place significative à la musique traditionnelle. De là est née l’idée de mise en place des mécanismes pour la promotion de la musique traditionnelle burundaise par les médias burundais. C’est sur cette initiative que je suis en train de travailler et qui fait aussi objet de mon mémoire pour ce Master à l’Université Senghor à Alexandrie.
Pour mieux avancer dans cette perspective, j’ai fait mon stage d’une période de deux mois et demi à la Fondation « Music In Africa » dont le bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest est basé à Dakar au Sénégal. J’étais contributeur sur son site Internet http://www.musicinafrica.net/fr qui fait la promotion de la musique, où j’étais chargé du Burundi, du Rwanda et du Niger, j’ai publié des articles sur l’actualité de la musique burundaise. Vous pouvez également y trouver pas mal d’articles parlant de la musique africaine ainsi que de nombreux profils de musiciens et de professionnels de la musique. Dans ce projet, j’ose espérer pouvoir travailler avec toute personne qui souhaiterait prêter main forte à sa réussite, notamment les artistes, les professionnels de la musique ainsi que quiconque qui, de près ou de loin, participe activement au développement de la musique burundaise.
Durant les dernières vacances, j’ai pu rencontrer certaines personnes qui ne ménagent aucun effort pour le développement de la musique burundaise, notamment le docteur en musicologie et directeur de l’Institut de Musicologie de Gitega, Monseigneur Justin Baransananikiye. Au cours de nos échanges, j’ai pu me rendre compte de combien nous sommes interpellés à investir tous nos efforts pour redonner une belle image de notre musique ».

RÉDACTION : Mgr. Justin Baransananikiye, après cette rencontre avec Yves NISABWE, j’estime que l’engagement culturel de ce jeune universitaire burundais vous dit beaucoup de choses. Votre commentaire !

Mgr. JUSTIN : C’est fantastique, encourageant et inspirant, d’apprendre que la mission de promotion de notre musique traditionnelle devient enfin un sujet qui préoccupe aussi nos universitaires. Mille félicitations à Yves Nisabwe !

RÉDACTION : Pourrions-nous estimer qu’il s’agit ici, indirectement, d’un appel spécial que la jeunesse universitaire burundaise devrait saisir au bond et se lever pour œuvrer ensemble dans ce domaine précis de promotion de la musique traditionnelle burundaise?

Mgr. JUSTIN : Effectivement. L’avenir culturel du Burundi, spécialement en matière de musique, ne pourra évoluer vers les hauts sommets de la réussite que quand nos élites universitaires l’auront pris en mains. C’est bien l’un des objectifs que je me suis fixé en créant l’Institut de Musicologie de Gitega en 2014. Mais, voyez-vous, qui a compris ce que j’ai fait pour mon pays?

RÉDACTION : Et ceci réveille le feu de la vision qui dort toujours en vous pour le développement réel de la Musique burundaise, n’est-ce pas ?

Mgr. JUSTIN : Bien sûr ! Laissez-moi vous montrer, ainsi qu’aux amis de notre site, où nous allons concrètement dans ce domaine :
– Le Burundi, en tant que membre de la Communauté Est-Africaine, devrait prendre conscience que sa présence au sein de cette grande Organisation régionale l’appelle aussi à considérer tous les secteurs de la vie nationale comme égaux dans sa vision pour un développement intégral.

RÉDACTION : Vous voulez sûrement dire que le domaine de la Musique jouit de très peu de considération ?

Mgr. JUSTIN : Mais, c’est un fait réel que nul ne peut nier ! Voyez, par exemple, comment nous sommes déjà devancés de loin par les pays de la sous-région en matière d’enseignement musical, où eux possèdent de nombreuses élites universitaires diplômées en Musique au niveau du Master et du doctorat. La plupart de leurs universités ont des facultés de Musique depuis des années. Et voilà nous autres, on est là dormants, en train de nous targuer d’avoir tels et tels petits chanteurs/musiciens ou DJ qui ne peuvent même pas vous lire ni écrire une partition musicale !

RÉDACTION : Justement, tous les chanteurs/musiciens burundais vous disent aujourd’hui qu’il n’est pas nécessaire d’apprendre ces choses, car sans ces connaissances ils ont pu déjà se construire une renommée.

Mgr. JUSTIN : Quelle renommée ? Sont-ils déjà parvenus aux sommets de la gloire des grands Manu Dibango, Youssou N’dour et autres grands artistes Africains qui n’ont pas négligé d’entrer dans des facultés de musique pour bien asseoir leur profession ? « Au pays des aveugles, le borgnes sont rois ».

RÉDACTION : Une erreur d’expérience, peut-être.
Mgr. JUSTIN : Je ne l’affirmerais pas. Voici mon second point d’analyse :
– La mondialisation est en train de faire du monde un village où chaque nation doit apporter sa part. Demain, je n’en doute pas, la Communauté Est-africaine dont nous faisons partie, voudra, par exemple, mettre sur pied une Commission sous régionale d’étude et de supervision des programmes d’enseignement musical dans les écoles, ou aussi une Commission d’échanges interuniversitaires des Facultés de Musique, ou même encore une Commission de chercheurs en Ethnomusicologie au sein des entités socio-culturelles de la sous-région. Un jour, il serait aussi peut-être question de créer un Panel sous régional de promotion des musiques et chorégraphies traditionnelles de l’Afrique de l’Est. Et, qui sait s’il n’y aura pas non plus création dans l’avenir, de grandes sociétés de publication de livres de chants au sein de l’EAC, etc, etc ?

RÉDACTION : Ah bon ! On n’y a jamais pensé.
Mgr. JUSTIN : Et je me pose ces questions : Qui ? Je dis bien, qui, le Burundi enverra-t-il pour siéger dans ces différentes commissions qui seraient certainement constituées par de hautes élites de l’EAC diplômées jusqu’au Master et au Doctorat en Musique ? Pensez-vous que notre système burundais de non considération des qualifications et compétences fonctionnera là-bas ?

RÉDACTION : Heureusement que vous pouvez déjà tirer la sonnette d’alarme par une telle analyse de la situation.

Mgr. JUSTIN : Ce n’est pas tout ! Saviez-vous qu’aucun des finalistes actuels des Écoles secondaires du Burundi n’a le niveau requis pour entrer dans une faculté de Musique ?

RÉDACTION : Pas possible, pourquoi ?

Mgr. JUSTIN : Ils n’ont jamais été formés conformément aux programmes internationaux de Musique conçus pour l’enseignement secondaire, lesquels leur donneraient un minimum de connaissances leur permettant d’aborder la première candidature de la Faculté de Musique ? C’est ça le triste fruit que nous récoltons des 39 années de suppression du Cours de Musique de l’enseignement au Burundi, depuis 1979. Nous le disons sur base des constats que nous avons faits à l’Institut de Musicologie de Gitega, où les finalistes des Lycées et Collèges qui viennent s’inscrire n’ont aucune notion de base en théorie musicale, ne pouvant ni lire ni écrire le solfège !

RÉDACTION : Et nous tardons toujours à en mesurer les conséquences ! Et que proposeriez-vous comme solutions urgentes ?

Mgr. JUSTIN : Que les décideurs concernés sachent que, plus nous tardons d’agir, plus nous refusons à la jeunesse burundaise son droit d’être formée à l’excellence en Musique. Oui, l’EAC est un géant par rapport à notre petit pays, mais j’aimerais attirer l’attention de tous sur le fait que l’EAC constitue aussi un immense débouché pour les élites universitaires burundaises qui sortiraient de nos facultés de Musique et qui pourraient s’y faire embaucher comme enseignants dans les écoles et universités de la sous-région et diriger de grands ensembles musicaux professionnels. Il en existe des centaines de milliers.

RÉDACTION : Certainement que très peu de gens au Burundi comprennent la situation de cette manière.

Mgr. JUSTIN : Parce qu’ils ignorent l’histoire universelle de la Musique et des Pères de la Musique Classique (Bach, Haydn, Beethoven, Händel et d’autres) qui étaient des génies remplis de la Science musicale sur laquelle toutes les Facultés de Musique dans le monde fondent leur travail aujourd’hui. Et puis, ils n’ont jamais su ce que nous a dit l’Abbé Marc BARENGAYABO, compositeur de notre Hymne national, qui présidait le Jury musical dont je faisais partie avec Ngabo Léonce, Ndenzako Léon, Augustin Ndirabika, Ignace Mageregere et Sylvestre Ntambutso, lequel avait primé Canjo Amissi au Concours de la Chanson en Juillet 1977 : (cité intégralement en Kirundi) :

« Ntitugarukirize ngaha honyene, mu vyo gutunganya amahiganwa nk’aya no gutanga udushimwe gusa. Twoba twihenze kandi duhenze abana bacu. Dukwiye ahubwo kwigisha uru rwaruka rukamenya neza ivy’amategeko y’Umuziki kugira bazorushirizeho kuririmba no gucuraranga neza muri kazoza…. Ndifuza cane ko hoshingwa igisata cigisha neza Ubuhinga bw’Umuziki aha muri Kaminuza y’Uburundi. Ariko bidusaba kuzobanza kuronka incabwenge z’imvukira zabinonosoye iyo mu za Bulaya. Umukama adufashe, azoduhe abakiri bato nk’aba ba Canjo na ba Barakamfitiye tubonye uno musi, bazoshobore kwakira ubu bumenyi dufise mu Buhinga bw’Umuziki, baheze na bo bazobuhereze abandi. Iryo ni ryo terambere ry’ukuri mu Muziki w’Uburundi.” (Marc Barengayabo, 1977).

RÉDACTION: Pensez-vous que la formation d’élites universitaires diplômées en Musique pourrait aider à résoudre les problèmes de perte d’identité de la Musique burundaise moderne observés actuellement?
Mgr. JUSTIN: Sans aucun doute.

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CE QUE CACHAIT LE PREMIER ORCHESTRE NATIONAL DU BURUNDI !

(Photo: Mgr.Dr. Justin Baransananikiye
avec Rose Twagirayezu, Août 2018)

Il y a quarante et un (41) ans, en 1977, Justin Baransananikiye et Rose Twagirayezu faisaient partie du groupe de chanteurs/musiciens qui ont fondé le célèbre Premier Orchestre National du Burundi au Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, sous la direction du Ministre, historien, professeur et Ecrivain, Emile Mworoha. Cette belle et riche époque de l’histoire de la naissance de la Musique burundaise moderne n’a pas seulement légué au pays d’excellentes chansons originales sous une musique envoûtante innovée et développée, mais, et surtout, une dame de grande estime au cœur palpitant sous les richesses culturelles de sa patrie, Rose Twagirayezu, ainsi que Justin Baransananikiye, défenseur et promoteur de l’art musical national. Que sont-ils devenus ?

Aujourd’hui, en 2018, Rose Twagirayezu est Animatrice du CENTRE BURUNDAIS POUR LA LECTURE ET L’ANIMATION CULTURELLE (CEBULAC). Justin Baransananikiye quant à lui, devenu Evêque, est Directeur et Professeur de l’Institut de l’Institut de Musicologie de Gitega dont il fut fondateur en 2014. A son palmarès sont également inscrits divers ouvrages dont il est l’auteur :
– « De l’Inanga à la Guitare Classique, Une Histoire de la naissance de la Musique Burundaise Moderne »
– « Uguhingura Indirimbo zifise Akanovera nyako k’Umuziki w’Uburundi » (une réponse aux défis posés par la problématique de la Musique burundaise moderne au 21ème siècle (sous presse).
– « Musiques Traditionnelles Vocales et Instrumentales du Burundi – GUIDE DE RECHERCHE » (sous presse).
– « 300 Chansons traditionnelles burundaises écrites sur partitions musicales, avec description ethnomusicologique » (sous presse).
– « Manuel de chants pour Elèves et Ecoliers – 100 chants en Français, 100 chants en Anglais, 100 chants en Kirundi et 50 chants en Kiswahili » (en cours de finissage).

A la nouvelle génération de chanteurs burundais, Rose Twagirayezu adresse ce grand message qui apparaît également dans la préface du livre « Uguhingura Indirimbo Zifise Akanovera Nyako k’Umuziki w’Uburundi » :

« Bagenzi mwaronse ingabirano yo kwikora mu gahogo mu muziki
W’Uburundi, Bacuraranzi namwe Bahinga mu vy’umuziki, Rwaruka Burundi bw’ejo, Nta kinini mfise ndababwira atari uko ico ukora wogiha umwanya ni ho kigira agaciro. Umuziki si uguta umwanya kumwe kera babifata. Ikimenyamenya ni uko abawijukiye, ubu ubatunze, ukabateza imbere.
Ndashimiye Musenyeri Justin Baransananikiye kuri ico gitabo yanditse
gihambaye kandi gihimbaye. Nizeye ko kizofasha abatari bake mu
Kubogora no gusubiza akanovera umuziki w’Uburundi. Indirimbo ni ubutumwa. Fata umwanya wo kurutegura mu majambo no mu mudiho,
kuko indirimbo yitondewe ntita igihe canke akanovera. Rondera amajambo
abereye, n’umudiho, wubahirize n’ururimi washimye kuririmbamwo. Uwuzorwumviriza agire ico asigaranye.”

Lors de leur dernière rencontre en Août dernier, Justin Baransananikiye et Rose Twagirayezu n’ont pas manqué de rendre un hommage à la mémoire de leurs anciens collègues à l’orchestre national déjà disparus, notamment, Canjo Amissi, Kirundo Gérard, Adolphe Bigirimana, Evariste Niyonzima, Jean-Pierre Misago, Chantal Nibizi, Sidonie Nzeyimana, Emmanuel Sindayigaya, Aloys Ndahigeze, Bernard Ntahombaye, Domitien Rurakomba. Ils ont également exprimé leurs souhaits de bonheur et de réussite à Magloire Nibigirwe (Alias Buddy) et Goreth Habonimana évoluant aujourd’hui à l’étranger.

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Mbega Birashoboka ko twoshika mu mwaka w’2020 Uburundi bumaze kuronka n’imiburiburi abigisha 100 bashoboye kwigisha neza icigwa c’UMUZIKI mu Mashure Shingiro?

(Iki ni kimwe mu bibazo bihejeje kubazwa n’abakurikirana urubuga ngurukanabumenyi rwa INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA http://www.musicologygitega.wordpress.com hamwe na Facebook: https://web.facebook.com/musicologie.gitega kuva basomye ivyanditswe mu ndwi iheze ku kamaro ntangere indirimbo n’umuziki bifise mu gufasha abanyeshure kwiga neza ururimi rw’igifaransa mu mashure yo mu Burundi).

UMWANDITSI : Nyakwubahwa, Musenyeri Justin Baransananikiye muyoboye Institut de Musicologie de Gitega, iki kibazo mwakibonye, carungikiwe mwebwe, kandi kirashobora kuba cabajijwe n’uyu umwe ariko cari gifiswe n’Abarundi ibihumbi n’ibihumbi. Ijambo rero ni rwanyu.

Mgr. Justin : Ndanezerewe cane kubona Abarundi barushirizaho kwitaho ikibazo c’ukwigisha Icigwa c’umuziki mu mashure yo mu gihugu cacu. Erega hariho abakigifata nk’akantu ata co kamaze, ariko turetse ko basokuru ubwabo bayamaze bati, « Nta mwuga udakiza », umuziki uri mu bintu bitungishije ibihugu vyinshi n’abantu benshi kw’Isi. Mu bihugu biteye imbere mu za Bulaya na Amerika no muri Aziya na Australiya, igitigiri kinini cane c’ama Kaminuza arafise ibisata bihanitse vyigisha umuziki ku rwego rwo hejuru, akama yaramuye ibihumbi vy’abahinga ku mwaka ku mwaka.

UMWANDITSI: Ego me, murakoze cane kuri iyo ntangamarara. Reka tuduge ku kibazo neza na neza. Uwabajije, agira ati “Mbega birashoboka ko twoshika mu mwaka w’2020 Uburundi bumaze kuronka n’imiburiburi abigisha ijana (100) bashoboye kwigisha neza icigwa c’umuziki mu Mashure Shingiro?”

Mgr. Justin: Ego me, turahumurije Abarundi yuko Institut de Musicologie de Gitega ishobora kubikora neza cane hamwe Ubushikiranganji bw’Indero bwobigomba, bukaduha abo 100 twokwigisha, bukongera bugatanga n’uburyo kugira ico gikorwa co kubigisha gice gitangura vuba nko mu ntango z’ukwezi kwa Munyonyo uno mwaka nyene. Turafise ama programmes y’ivyigwa bihanitse atunganijwe neza cane ku rwego rwa kaminuza; si ivyo tubanza gusaba hanze canke guhamagarira abahinga b’umuziki bavuye mu bindi bihugu. Twarabinonosoye ubwacu, turi abahinga bavyo, kandi dufise n’abo dufatanya twigishije bari ngaha nyene.

UMWANDITSI: Kwigisha abo bantu ijana vyotwara nk’ikiringo kingana gute?

Mgr. Justin: Dutanguye mu kwezi kwa Munyonyo uno mwaka, twobigisha kumara amezi icenda, ni ukuvuga gushika muri Mukakaro 2019, bakaba bakwije umwaka umwe w’ivyigwa. Boca baruhuka nk’indwi zibiri, hanyuma tukabakoresha umwimenyerezo (stage) w’ukwezi kumwe mu mashure, ugacungerwa kandi ugakurikiranwa n’Ubushikiranganji bw’Indero imbere yuko tubaha impamyabushobozi.

UMWANDITSI: Aho rero mwoba mwakiriye abo bose ijana (100) bagahereza rimwe ata ngorane?

Mgr. Justin: Nta ngorane n’imwe yohaba hatanzwe uburyo bukwiye. Bohereza rimwe kandi bahawe ubumenyi bukwiye bujanye n’urutonde rw’ivyigwa vy’umuziki rusanzwe rukwiye kwigishwa kuva mu mwaka w’indwi gushika mu mwaka wa nyuma w’igice ca kabiri ca Shure Shingiro.

UMWANDITSI: None, mwokoresha birya bitabo twabonye vyateguriwe Ishure Shingiro mu Cigwa c’Umuziki? Canke ngira mwoba mukoresha ubundi buhinga kuko mwigeze kuba umwigisha w’icigwa c’umuziki kera mu za 70 muri Ecole Normale yo mu Kibimba.

Mgr. Justin: Oya, si birya bitabo twokoresha, turifitiye ibindi bihinguye neza. Egome narabaye umwigisha w’icigwa c’umuziki mw’Ishure ryisumbuye nizemwo, Ecole Normale yo mu Kibimba, kuva mu mwaka w’1975 gushika mu 1977, imbere yuko Leta inyimurira mu Bushikiranganji bw’Imico Kama aho nafatanije n’abandi gushinga Orchestre national ya mbere y’Uburundi. Hanyuma naciye mbandaniriza hanze y’igihugu nja kunonosora ivy’ubuhinga bw’umuziki muri Kaminuza zo muri Amerika. Ndazi programmes zose z’icigwa c’umuziki zitangwa mu mashure yisumbuye mu bihugu bitandukanye; usanga hose bisa. Abatari bake mu bo nigishije umuziki muri Ecole Normale mu Kibimba kiriya gihe, ubu bari mu nzego z’igihugu, barazi ko ntayaga amasigaracicaro mu bijanye n’umuziki.

UMWANDITSI: Uwo mugambi wotwara nk’amafaranga angana gute muvyibaza?
Mgr. Justin: Sinobivugira ngaha, twobiyaga n’ababijejwe mu gihe umugambi wokwemerwa.

UMWANDITSI: None, vy’ukuri, mubona ikibazo co kwigisha icigwa c’umuziki mu mashure yo mu Burundi cagiriye ingorane hehe, kandi bizwi ko uburyo atari buke bwari bwaratanzwe kugira gihagurutswe?

Mgr. Justin: Umbajije ikibazo nawe woba ufitiye igice c’inyishu. Nk’uko nabivuze mu ntango, Abarundi bamye bafata ivy’umuziki nk’akantu gakengeretse cane. Ariko nagira ndababwire ko UMUZIKI ari icigwa gihambaye gisaba ubumenyi n’ubuhinga budasanzwe burengeye birya mubona bakora muri irya mirwi y’abaririmvyi n’abacuraranzi. Kuva programmes zo kwigisha umuziki mw’Ishure Shingiro zigitegurwa mu 2012, naratanze impanuro, ndasemerera ku maradiyo no mu bindi binyamakuru, ku vy’amakosa nabona yariko arakorwa mu kwandika ibitabo, ariko nta wavyitayeho n’umwe. Bamfashe nk’uwuriko ararondera uburyo bwo kwinjira mu murwi wariko urabikora. None ubu mubona vyahereye hehe?

UMWANDITSI: Ni vyo bibazo benshi bibaza: Musenyeri Baransananikiye nk’umuhinga yigiye kandi akanonosora ivy’umuziki, ni kuki atatumweko na rimwe ngo afashe, atange n’ivyiyumviro vyari gutuma ingorane ziriho ubu mu cigwa c’umuziki mu mashure zitahaba?

Mgr. Justin: Ngira ico kibazo mwokibaza ababijejwe. Ico jewe nakoze mmaze kwumva ko Leta yagarukanye Icigwa c’umuziki mu mashure, nariruhukije, nca ngira nti, Igihe kirageze ko nshinga rya Shure twari twarifuje gushinga kera twe na Canjo Amissi hamwe na David Nikiza, na Ndirabika Augustin. Naciye ndabikora. Nkaba nongeye gushimira cane Ubushikiranganji bw’Imico Kama butatevye kumpa uburenganzira bwo gukora kuko ari bwo bujejwe igisata c’umuziki.

UMWANDITSI: Institut de Musicologie de Gitega yatanguye gukora ryari? Mbega yigisha ivy’umuziki gusa?

Mgr. Justin: Twigisha ivy’ubuhinga bw’umuziki gusa, nta kindi. Institut de Musicologie de Gitega yahawe uburenganzira bwo gukora n’urwandiko nshikiranganji No. 226.01/CAB/1405/DGCA/ 2013 rwo ku wa 11 Munyonyo 2013, ariko yatanguye gukora icese kuva mu kwezi kwa Nzero 2014. Kuva ico gihe cose imaze, nta mugambi n’umwe wakozwe wo kuturungikira abigisha canke abaririmvyi twoha ubumenyi dutanga mu vy’umuziki. Iyo bigirwa muri iyo myaka ine, tuba tumaze guha igihugu abigisha batari musi y’amajana ane (400) baba bariko barigisha neza umuziki ku mategeko mu mashure. Ingorane ziriho ubu ntizohabaye!

UMWANDITSI: Birashoboka rero ko Institut de Musicologie de Gitega yoramurira Igihugu abigisha ijana (100) boba batanguye kwigisha neza icigwa c’umuziki mu mwaka w’2020?

Mgr. Justin: Turabibemereye neza ata gukekeranya.

UMWANDITSI: Akajambo ka nyuma kumbure kobamwo n’impanuro.

Mgr. Justin: Impanuro nyinshi ziri muri ca gitabo mperutse gusohora citwa “UGUHINGURA INDIRIMBO ZIFISE AKANOVERA NYAKO K’UMUZIKI W’UBURUNDI”. Reka nongereko ibi na vyo: Amafaranga y’igihugu agenewe ivy’umuziki n’akoreshwe neza ivyo aba yateguriwe, kandi abahinga bawunonosoye abe ari bo bashirwa imbere mu gutunganya imigambi ijanye na vyo. Bishoboka gute ko amafaranga yoherera mu vyo gukota imiduga no kurara mu mahoteli, no kwihemba udushirukabute tudasiguritse, hanyuma ntihiyumvirwe na gato ivyo guha ubumenyi bukwiye abazokwigisha icigwa c’umuziki, kigaheza kikagumya uko cari kimeze inyuma y’aho gifutiwe mu mashure kuri Republika ya kabiri mu 1979? Kutwikorako mu gihe bigoranye kugira tugerageze kubibogora ni vyiza, turabishima, ntitwovyanka kuko twoba duhemukiye igihugu catwibarutse, kikaturihira amashure natwe.

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B.P. 197 Gitega
Tél : +25779877097
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L’Enseignement Musical, un Outil didactique Précieux pour l’Enseignement de la Langue Française dans les Écoles du Burundi

(Mgr. Dr Justin BARANSANANIKIYE, Directeur de
L’Institut de Musicologie de Gitega nous fait
Part de son expérience et de ses constats)

En 1959, à quatre ans, j’entrais à l’école maternelle de l’école d’application attachée à l’Athénée de Ngagara, devenue plus tard École Normale de l’État, puis Lycée de Ngagara aujourd’hui. Là, avec mes condisciples, nous étions heureux d’apprendre de nombreuses petites chansonnettes que nos enseignants (Belges, Congolais, Rwandais et quelques Burundais) tiraient des répertoires folkloriques et populaires des chants de l’enfance de Belgique, de France et du Congo (pour le swahili).
Nous les aimions tellement, car la plupart d’entre elles nous racontaient de belles histoires très intéressantes que je n’ai pas oubliées jusqu’à ce jour, comme :
– Il était un petit navire
– La mère Michelle qui a perdu son chat
– Au clair de la lune
– Mamba moja alienda vitani (swahili)
– Michoko, wanafunzi wachoka (swahili)
– A la claire fontaine
– Les écoliers laborieux
– Il était une bergère, etc, etc.
Pour ne citer que celles-là parmi des centaines.

Sur tout notre parcours de l’école primaire au cours des années 60, nous étions richement nourris de ces chansons qui animaient désormais nos moments de jeux et de récréation. Mais pourquoi les aimions-nous tant ?
– Elles nous apprenaient à parler et prononcer correctement la langue de Molière, le Français, et nous gagnions des points supplémentaires pour cela.
– Elles nous unissaient et renforçaient notre amitié et notre courage à l’école.
– Elles nous faisaient oublier, bien sûr, les terribles coups de bâton de nos maîtres.

Je voulais ici souligner l’importance didactique de ces chansons dans l’apprentissage de la langue française plus particulièrement. Il est fort regrettable de constater que, plus les années se sont écoulées, plus l’enseignement du chant et de la musique dans les écoles primaires et secondaires du Burundi a connu une régression systématique. LE PIRE SURVINT EN 1979 LORSQUE LE GOUVERNEMENT DE LA 2ème RÉPUBLIQUE SUPPRIMA TOUT SIMPLEMENT LE COURS DE CHANT ET MUSIQUE DES PROGRAMMES DE L’ENSEIGNEMENT, lequel ne fut réintroduit qu’en 2013 avec l’avènement de l’École fondamentale. Mais, a-t-on pu évoluer comme il se doit ?

La réalité des faits montre qu’il n’est donc pas étonnant de constater aujourd’hui qu’un très grand pourcentage d’élèves terminant l’école fondamentale (9è année) ne puisse s’exprimer correctement en français comme nous autres pouvions le faire à notre époque en 5è et 4è modernes dans les années 70. Et cela devient une gangrène jusqu’à l’université même !

L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA, spécialisé dans l’enseignement musical, ne peut rester silencieux ni se soustraire à cette grande responsabilité de remédier à cette situation. C’est pourquoi nous avons inscrit sur notre programme un projet de compilation d’un MANUEL DE CHANTS POUR ÉLÈVES ET ÉCOLIERS que nous complétons d’ici peu, et qui offre à la jeunesse de notre pays, non seulement des chansons en Français (100), mais également en Anglais (100), en Kirundi (100) et en Kiswahili (50), TOUTES ÉCRITES SUR PARTITIONS MUSICALES.

Aussi, rappelons que notre Institution est qualifiée pour FORMER des enseignants également qualifiés en Musique que le Ministère de l’Éducation nationale pourrait recruter. Nous sommes par ailleurs disposés, si cela nous était demandé, d’organiser des RECYCLAGES ET DES STAGES DE QUALITÉ en Musique pour les enseignants en fonction.

Mais tout cela demande soutien et appui de la part du Ministère ayant l’Éducation nationale dans ses attributions. En effet, si cette procédure avait été enclenchée voici 4 ans maintenant, l’enseignement de la Musique aurait déjà marqué de grands progrès dans les écoles du Burundi. Rappelons qu’avant d’embrasser les hautes études au niveau du doctorat en Musicologie, Mgr. Dr Justin BARANSANANIKIYE a servi comme professeur de musique à son ancienne école secondaire, l’École Normale de Kibimba, de 1975 à 1977.

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Nicole IRAKOZE, musicienne burundaise diplômée, partage sa petite histoire!

Nicole IRAKOZE, Musicienne burundaise diplômée, approuvée par
l’« ASSOCIATED BOARD OF THE ROYAL SCHOOL OF MUSIC »
de Grande Bretagne,
partage sa « PETITE HISTOIRE »

Comme tant d’autres musiciens débutant, je voulais aussi devenir une star. Un jour mon père m’a entendu chanter et m’a demandé de lui donner cette musique. Je lui ai remis les paroles de la chanson. Surpris, il m’a dit: “Où est la musique? Je ne vois que les paroles!”. Je ne comprenais pas pourquoi il me demandait ça.

Au fait, en disant ‘la musique’, il voulait parler du « solfège ». Alors, je lui ai répondu que le solfège était destiné aux chants de l’église.
– « C’est suranné, dépassé…, moi je veux faire la musique moderne ! », avais-je ajouté.
Puis il m’a dit:
– “Ma fille tu n’iras nulle part si tu souhaites devenir une bonne musicienne ; tu dois apprendre et connaître le solfège”.
Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire sur le champ. Je l’ai ignoré en me disant, « j’ai une belle voix, je peux composer et chanter mes propres chansons. »

Lorsque je me suis décidée de faire la musique professionnelle, c’est là que j’ai enfin compris l’importance du solfège. Alors, j’ai entrepris d’apprendre le solfège. Le solfège, c’est notre écriture et lecture. Quand nous voulons conserver nos œuvres et les jouer sur des instruments musicaux, nous les transcrivons sur partitions musicales ; quand nous devons présenter nos chansons traditionnelles aux autres musiciens étrangers, nous utilisons le solfège. D’où l’idée de faire la musique tradi-moderne qui permet à nos musiques traditionnelles de porter leur voix au loin.

Nous avons beaucoup à donner et à enseigner au monde grâce au solfège et à d’autres connaissances musicales que nous avons acquises. Par exemple, les occidentaux peuvent nous enseigner à jouer au piano, et nous, on pourrait leur montrer comment jouer de l’ « inanga » et d’autres instruments burundais. Voilà l’importance de connaître les normes universelles de la musique parce qu’elles nous aident à promouvoir nos propres chansons traditionnelles et à les transmettre à qui le souhaiterait.

Les obstacles rencontrés sont nombreux : souvent, l’on doit notamment faire face au refus des parents quand on décide de se lancer dans la carrière musicale. Aussi, la société, l’entourage, qui ne soutiennent pas moralement ni financièrement les artistes, etc.
En tant que musicienne embrassant sérieusement la profession, je me suis prescrit des principes moraux pour surmonter ces obstacles :
– avoir un objectif (savoir à quoi je veux aboutir),
– ne pas accepter des cadeaux gratuits piégés (une grande somme d’argent, des voitures etc….) pour éviter la distraction. En effet, il est bien connu que les femmes qui font de la musique comme carrière sont souvent mal réputées au sein de la société. C’est pourquoi j’ai décidé de m’y lancer avec détermination pour arriver à la promotion de la musique africaine, et en particulier, la musique Burundaise.

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UGUHINGURA INDIRIMBO ZIFISE AKANOVERA NYAKO K’UMUZIKI W’UBURUNDI

Ca GITABO cari kirindiriwe na benshi, gitanga INYISHU
KU BIBAZO VYINSHI bihanze Umuziki w’Uburundi
muri kino gihe, CABONETSE !

Inyuma yaho amariye gushira ahabona igitabo ciwe ca mbere citwa “DE L’INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE…” mu mwaka w’2014, kikaba kidonda ivy’ukuntu Umuziki wa Kijambere w’Uburundi watanguye gukorwa hamwe kandi n’abawukoze, Musenyeri Dr. Justin BARANSANANIKIYE ayoboye INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA, ahejeje kwandika igitabo kigira kabiri (noneho mu rurimi rw’Ikirundi) citwa :

« UGUHINGURA INDIRIMBO ZIFISE AKANOVERA
NYAKO K’UMUZIKI W’UBURUNDI » (290 pages)

Umwanditsi w’urubuga rwa Institut de Musicologie de Gitega yaraganiriye na we kugira atange umuco kuri ico gikorwa ciza kandi gihambaye kizogirira akamaro kanini cane abaririmvyi b’Abarundi.

UMWANDITSI : Musenyeri Dr. Justin BARANSANANIKIYE, tubanje kubakeza cane kubw’iki gitabo c’ingirakamaro mwanditse kandi kije gufasha abaririmvyi hamwe n’abakunda Umuziki w’Uburundi. Mbega iciyumviro co kucandika caje gute, cahereye hehe ?

Mgr. JUSTIN : Canjemwo ubwa mbere kuva mu ntango z’umwaka w’2000, aho Abarundi benshi bakunda Umuziki w’Igihugu cabo batangura kubona ku mugaragaro ko indirimbo zikorwa n’abaririmvyi b’Abarundi ziriko zirata akanovera haba mu buryo zahingurwamwo canke zikaririmbwa, mbere n’ururimi rw’Ikirundi rukaba rwari rutanguye gutiturwa na zo.
Ibimenyeshamakuru bitandukanye vyaba ivyandikwa canke amaradiyo na televiziyo, vyaciye bitangura kuza birambaza ico niyumvira kuri ivyo bibazo, hamwe n’ico mbona cokorwa kugira bitorerwe umuti. Mu ntango z’umwaka w’2017, ni ho naca niha icese umugambi wo gutangura kwandika ico gitabo kugira gisomwe na benshi.

UMWANDITSI: Ni ukuvuga ko namwe ubwanyu mwemeza ko Umuziki wa kijambere w’Uburundi wamaze guta akanovera kawo kandi ko watitutse.

Mgr. JUSTIN: Ego cane. Intango nziza twasize tuwuhaye twebwe abari muri ‘Orchestre National’ hamwe n’abari mu murwi ‘Amabano’ kuva mu 1977, si yo abaririmvyi ba kino gihe bariko bakorerako. Barayitaye baja kwubakira ku miziki mvamahanga batazi, bigana gusa, ata co bagifise c’iwabo kibaranga.

UMWANDITSI: Ni vyo twasanze koko iki gitabo canditswe mu buhinga buhanitse bw’ubushakashatsi mwakoze mufatanije na Institut de musicologie de Gitega. None, mwoduha incamake y’ibirimwo?

Mgr. JUSTIN: Igice ca mbere nacise “MBEGA ABARIRIMVYI B’ABARUNDI BAKENEYE IKI KUGIRA BAKORE NEZA UMUZIKI NYAWO W’UBURUNDI?”. Aha harimwo ivyiyumviro hamwe n’ibibazo bamwe mu baririmvyi b’Abarundi bo mu Ntara zitandukanye bashikirije ku vyereke ukwo gutakara kw’akanovera k’Umuziki w’Uburundi.

UMWANDITSI: Mbe, baremera hoho ko ari ivy’ukuri?

Mgr. JUSTIN: Bamwe baravyemera, abandi na bo bakihagararako mu vyo bakora. Muri ico gice nyene, harimwo ibishikirizwa na bamwe mu Benegihugu bemeza ko Umuziki wa kijambere w’uburundi wamaze guta inzira nziza wari warafashe kera. Harimwo kandi n’ivyashikirijwe na bamwe mu bamenyeshamakuru twayaze, ariko na bo nyene ntibumva kumwe ico kibazo.

UMWANDITSI: None muri rusangi, mwoba mwumva abantu bifuza ko hobaho ihinduka mu muziki wa kijambere w’Uburundi?

Mgr. JUSTIN: Baravyifuza cane. Aho nyene muri ico gice harimwo insobanuro hamwe n’ivyiyumviro n’impanuro zagutse zishikirizwa n’abaririmvyi b’Abarundi karuhariwe b’aho hambere, bari mu mirwi ‘Orchestre national’ na ‘Amabano’ igitangura mu 1977. Baratako bagashira ahabona ubuhinga bakoresha muri ico gihe mu guhingura zirya ndirimbo nziza cane badusigiye twama twumva. Ikindi giteye igomwe, ni ivyashikirijwe n’imboneza za kera cane mu muziki, nka Patiri Mariko Barengayabo twese tuzi, hamwe na Ndenzako Léon yari arongoye Chorale ya Cathédrale Régina Mundi ico gihe.

UMWANDITSI: Numva bikomeye cane.

Mgr. JUSTIN: Si ivyo gusa. Ndafasha abaririmvyi gutahura neza ku muzi ico ari co Umuziki kama w’Uburundi, nkerekana ivyamye biwuranga kuva kuri basokuru, ari na vyo bitegerezwa kuwuranga n’ubu no muri kazoza. Nasanze ari co gituma benshi bataja kuwaburako ubuhinga bw’indirimbo zabo kubera ko batawuzi.

UMWANDITSI: Ni ukuvuga rero ko umuziki kama w’Uburundi woba ufise amategeko abaririmvyi b’ubu batazi?

Mgr. JUSTIN: Wabitoye. Nderekana ku mugaragaro amategeko hamwe n’imvo n’insobanuro vyagenga abaririmvyi bacu mu Burundi bwa basokuru, naho ata ho vyari vyanditse. Rero kutabikorerako bica bituma akaranga k’Umuziki wacu gatakara.

UMWANDITSI: None, tuvuge ko mwoba mufise icizere ko abaririmvyi ba kino gihe bazotahura ibi vyose mwanditse, bakabikorerako?

Mgr. JUSTIN: Ndavyizeye neza naho kumbure bizofata igihe. Ni co catumye nshira muri iki gitabo impanuro nziza cane zashikirijwe n’umwigeme w’Umurundikazi yaminuje, Nicole Irakoze, aherutse kuva kunonosora ivy’ubuhinga bw’umuziki mu mahanga. Yaronse urupapuro rw’umutsindo rutangwa n’Urwego ruhagarikiye Ishure ry’Ubuhinga bw’Umuziki ryegamiye Umwamikazi w’Ubwongereza, rwitwa ASSOCIATED BOARD OF THE ROYAL SCHOOL OF MUSIC”. Abaririmvyi b’Abarundi nibamufatireko akarorero, bahere aha nyene muri Institut de Musicologie de Gitega.

UMWANDITSI: Twabonye n’ibindi vyinshi mwanditse muri kino gitabo hamwe n’amafoto meza cane tutari tuzi arimwo.

Mgr. JUSTIN: Egome. Vyongeye, ndashikiriza n’integuro ihambaye cane yavuye muri ubwo bushakashatsi nakoze, yitwa “INTEGURO Y’UMUGAMBI WO GUSUBIZA AKANOVERA UMUZIKI WA KIJAMBERE W’UBURUNDI” wotunganywa nk’inyishu ku bibazo vyinshi bihanze umuziki wacu, nkongera ngatanga n’ivyigwa vy’i bwina mu vy’ubuhinga bwo gukora indirimbo twisunze amategeko mpuzamakungu y’umuziki. Narongeyemwo kandi n’ibijanye n’ivy’itunganywa ry’amasoko y’urudandazwa rw’umuziki benshi batazi bigatuma bakorera guhomba.

UMWANDITSI: Mbega hari aboba barabafashe mu mugongo mur’ivyo bikorwa vy’ubushakashatsi canke mu kugira iki gitabo kizosohoke ku bwinshi abantu benshi baze bagisome?

Mgr. JUSTIN: Nta n’umwe yadushigikiye canke ariko aradufasha no muri kino gihe. Ariko abavyifuza, bumva ko iki gitabo ari ngirakamaro mw’iterambere ry’umuziki w’Uburundi, turabahaye ikaze, badushigikire.

Abifuza kutwandikira :
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VISION ET PARI DE Nicole IRAKOZE

« VISION ET  PARI » de Nicole IRAKOZE :
Une jeune Burundaise ayant embrassé Une Formation
Professionnelle Internationale en Musique

Connue il y a quelques années dans les milieux diplomatiques de Bujumbura suite à l’exécution en solo de certains hymnes nationaux des pays occidentaux, Nicole IRAKOZE, fille de BANDORA Emmanuel, a finalement décidé de se spécialiser en Musique à l’étranger. Notre rédaction l’a rencontrée lors de son dernier passage à Bujumbura.

RÉDACTION : Les jeunes burundais ont entendu parler de vous il y a quelques années, et plusieurs se sont posé des questions cherchant à savoir ce que vous étiez devenue après vos belles prestations dans les milieux diplomatiques de Bujumbura.

NICOLE : Je suis devenue ce que vous pouvez sans doute deviner. Plusieurs savent bien que je suis d’abord diplômée de la Faculté d’économie. Mais cela n’a pas vraiment pu effacer mon rêve et ma soif de devenir un jour chanteuse professionnelle capable d’embrasser sérieusement la carrière musicale où que ce soit.

RÉDACTION : Il semble que vous avez commencé à chanter étant encore très, très jeune.
NICOLE : Oui, je chante depuis mes neuf ans dans les chorales, en solo, etc.
RÉDACTION : Pourrions-nous savoir dans quels domaines musicaux vous vous êtes spécialisée précisément ?

NICOLE : Je suis diplômée en piano après deux années de formation suivie à l’Institut Africain de Musique (Africa Institute of Music). Je suis également détentrice de différents certificats dans la carrière de perfectionnement de la voix jusqu’au huitième grade, délivrés par l’Associated Board of the Royal School of Music « ABRSM » de Grande Bretagne après divers tests et formations suivies.

RÉDACTION : Wow ! Et ça c’est rare au Burundi. Il faudrait d’ores et déjà penser à vous produire un jour en solo au piano ici à Bujumbura pour lancer un défi aux autres jeunes filles burundaises.

NICOLE : Absolument, j’y pense déjà, et j’ai aussi des rêves !

RÉDACTION : Lesquels, par exemple ?

NICOLE : J’ai dans mes rêves un projet d’aider à la promotion de la
formation d’une musique de style tradi-moderne dont j’aimerais
bien devenir spécialiste. Ce projet sera dédié aux artistes du Burundi et de
la région de l’Afrique de l’Est en premier lieu, particulièrement en
faveur de la jeunesse.

RÉDACTION : Mais pourquoi décidez-vous de vous tourner vers nos musiques traditionnelles alors que vous avez un gros bagage de connaissances pouvant vous permettre d’exploiter d’autres styles de musiques étrangères et faire de l’argent avec ?

NICOLE : Non, ma prise de position ne doit pas vous étonner. Je sais que même l’Institut de Musicologie de Gitega s’est orienté vers ce noble travail. Saviez-vous que les différents professeurs qui m’ont formée, m’ont chaque dit que même si je parvenais à chanter les styles classiques occidentaux comme un ange, je ne pourrais jamais égaler ni surpasser les occidentaux eux-mêmes. Mais, que si je parvenais à développer la musique africaine originale, la musique de chez nous, en valorisant grâce aux théories apprises, nos différents styles de chant avec nos instruments traditionnels en fond, je serai très applaudie en occident et dans le monde entier ? C’est nous Africains, en effet qui possédons encore les racines secrètes de l’innovation en matière de musique dont le monde entier a besoin aujourd’hui !

RÉDACTION : Pensez-vous que nos artistes finiront par comprendre cet idéal que vous poursuivez ?

NICOLE : Ils y sont obligés ou alors ils travailleront toujours à perte et ne perceront jamais les horizons des musiques du monde. Allez voir ce qui se passe aujourd’hui dans les pays d’Afrique de l’Ouest comme le Ghana, le Nigeria, le Cameroun, etc, où des artistes venant d’Amérique et d’Europe débarquent chaque semaine en vue d’y effectuer des recherches visant à nourrir leur travail de création de nouveaux styles musicaux.

RÉDACTION : Et tout cela leur rapporte, n’est-ce pas ?

NICOLE : Énormément ! Et nous, on s’endort en continuant d’imiter leurs musiques qui n’ont plus d’avenir! Chanteurs, auteurs-compositeurs-interprètes burundais, réveillons-nous et mettons-nous au travail! L’heure a sonné pour notre réussite !

RÉDACTION : Ah oui, Nicole, courage et bonne réussite dans cette vision et ce grand pari que vous vous êtes fixés.

Nous contacter :
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L’A.S.B.L. « INGANJI AACB » organise le Festival « INGANJI FESTIVAL SEASON 1 » en collaboration avec CHRISTIAN FILM FESTIVAL.

(Photo en Affiche : Les différents intervenants à « INGANJI CONFERENCE »,
De gauche vers la droite : Pasteur John, Pasteur Acher, le Cinéaste Kenyan Amimo, Mgr. Dr. Justin Baransananikiye, et le Pasteur Joyeux Ntibareha, Président de INGANJI AACB).

Dans sa mission de rassembler et de promouvoir les artistes chrétiens du Burundi dont les œuvres viennent aussi glorifier Dieu, il se tient à Bujumbura du 16 Juillet au 02 Septembre 2018, un grand Festival artistique chrétien organisé par l’A.S.B.L. « INGANJI AACB » en collaboration avec CHRISTIAN FILMS FESTIVAL, sous le thème « La Paix et l’Entrepreneuriat : deux faces d’une même médaille pour un Avenir meilleur ».

Trois grandes activités sont prévues au programme, notamment, l’« Inganji Conference » qui donne l’occasion aux artistes de trois domaines artistiques, à savoir, la Musique, les Arts Plastiques et le cinéma, de recevoir une formation qui leur servira d’appui dans leur activité spécifique. Suivra ensuite, du 19 au 26 Aout 2018, une « Exposition des œuvres réalisées » dont les meilleures seront primées à la clôture par la remise de trophées lors d’une cérémonie baptisée «Inganji Award ».

Enfin, une « Soirée de Gala » clôturera le Festival le 02 Septembre 2018 avec la présentation au public des 10 meilleures œuvres sélectionnées dans chaque catégorie (Musique, Arts Plastiques et Cinéma).

Félicitations aux organisateurs de ce grand événement artistique !