(4eme partie): Espoir pour l’Avenir de la Musique Burundaise ?

« ESPOIR POUR L’AVENIR DE LA MUSIQUE BURUNDAISE » est une série d’articles que nous publions dans le but de créer un nouveau climat d’espoir et de réveil pour un développement prometteur de la Musique originale du Burundi. Aujourd’hui, nous évoquons la seconde et la troisième raisons qui expliquent pourquoi il y a eu un dérapage artistique notoire dans le travail de création musicale chez les musiciens burundais.

2. Les Musiciens Burundais de la Nouvelle génération ont une vision plus commerciale qu’artistique.

C’est pour cette raison d’ailleurs qu’ils sont tombés dans un quadruple piège constaté comme suit :
– Imiter aveuglement les musiques étrangères en vogue aussi bien que les rythmes, les styles et genres. L’essentiel pour eux n’a été autre que de chercher à gagner simplement de l’argent, peu importe la perte de l’originalité culturelle de leurs œuvres.

– S’entr’imiter eux-mêmes pour s’entre-concurrencer.

– Pirater et déformer les chansons des Pionniers de la Musique Burundaise Moderne pour essayer de se lancer. Cela s’est observé et s’observe encore dans les karaokés et sur certains albums produits.

– Rejeter tout effort de recherche systématique au sein du Patrimoine musical Burundais, ce qui ne fait que les plonger dans un bain de stérilité généralisée en matière de composition d’œuvres musicales originales portant un label réellement burundais.

3. Les Musiciens Burundais de la Nouvelle génération sont également victimes de leurs propres erreurs :
– Ils n’aiment pas leur culture et ne veulent pas porter ses couleurs. Au cours de nos enquêtes, nous en avons même entendus qui ne veulent pas du tout chanter en langue KIRUNDI, et qui essaient de s’expliquer par mille et une raisons qui ne tiennent pas.

– Ils ne veulent pas s’asseoir pour entreprendre d’abord des recherches approfondies au sein du Patrimoine musical traditionnel, pourtant riche d’originalités infinies. Ils renient ainsi leurs propres origines et croient être en train de réussir en tournoyant dans un cercle vicieux d’imitations des courants musicaux exotiques en vogue, qui leur procurent un quelconque lucre rapide en entourant en même temps leurs noms de faux succès.

– Ils n’acceptent pas d’entrer dans des écoles de Musique pour y être formés dans « la Connaissance de la Science Musicale » qui, seule, constitue la clé leur donnant les capacités de s’améliorer et de se perfectionner dans la composition de leurs chansons pour pouvoir se placer à la hauteur des musiciens professionnels internationaux.

– Ils se laissent continuellement séduire et tromper par certains soi-disant producteurs assoiffés d’argent, qui cherchent à gagner du profit en les poussant à composer en désordre de nombreuses chansons non mûries qu’ils façonnent ensuite à la hâte et lancent sur le marché. De telles chansons étant, d’avance, condamnées à la disparition.
Le prochain et dernier article sur cette thématique inclura des réponses que nous donnons à un certain nombre de questions qui nous ont été posées à ce sujet.

« Dans le doute, il faut choisir d’être fidèle »
(François Mauriac, écrivain français, 1885-1970)

Nous contacter :
INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
B.P. 197 Gitega, Burundi
Tel : +257 79 877 097 ou +257 77 758 123
E-mail : baransajust@gmail.com
https://musicologygitega.wordpress.com

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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