Devenir Musicien Professionnel au Burundi

Au Burundi, tout comme dans plusieurs autres pays africains, le professionnalisme en Musique est une question encore mal comprise et qui reste dormante dans les esprits des artistes. Comprennent-ils le sens profond de ce qu’est le professionnalisme ?

« Le professionnel est une personne spécialisée dans un secteur d’activité et/ou exerçant une profession ou un métier.
Le professionnalisme caractérise la qualité du travail de quelqu’un ayant de l’expérience. Le professionnalisme est la capacité à assurer un engagement envers la société et à répondre à ses attentes. »
(Wikipedia)

Nous aimerions aujourd’hui partager avec les musiciens du Burundi, cette petite analyse faite par Moïse DOSSOUMOU du Bénin, en marge de la seconde édition du « FESTIVAL COTONOU COULEURS JAZZ » qui s’est tenu en décembre 2013. L’article y relatif est intitulé : Liberté de ton : Le professionnalisme en musique ! , et a été publié sur http://fraternitebj.info.

« Chanter, dit-il, relève du domaine du plaisir et de la distraction. N’importe qui peut, seul ou en groupe, s’amuser à fredonner des chansons. Par contre, bien chanter, se servir de ses cordes vocales pour en faire un métier est du domaine de l’art. Il n’est donc pas donné à tout chanteur, qu’il soit amateur ou professionnel d’émouvoir un public. Outre le don ou le talent indispensable à l’exercice du métier de musicien, il faut y joindre le travail acharné, constant et passionné. Ce n’est que par ce biais que le chanteur sort de l’ombre, se distingue et acquiert de la notoriété. »

Mais, DOSSOUMOU va plus loin et parle de la place à donner au talent personnel du musicien : « Le talent, ajoute-t-il, est assimilé à un diamant brut. C’est à force de le polir, de le débarrasser de ses impuretés que cette pierre précieuse éblouit par son éclat et dispose de la plénitude de sa valeur. »

Ayant fait le même constat que nous faisons actuellement chez nos musiciens au Burundi, l’auteur poursuit et dit : « Les artistes béninois, qui sont pour la plupart à la quête d’une place au soleil, ne se donnent malheureusement pas la peine d’aller à l’école du haut niveau. Les soi- disant scènes de quartier, les événements académiques de faible portée, les concerts sporadiques axés sur le play-back constituent leur quotidien. C’est tout à fait normal qu’ils ne puissent prospérer dans un tel environnement. Un concert ne peut s’assimiler à du play-back. Les exigences du métier relèguent désormais ce genre au passé. »

Moïse DOSSOUMOU préconise en fin de compte une solution que les artistes sont priés de prendre des deux mains dans leur métier, s’ils veulent réellement atteindre les hauteurs de la réussite dont ils rêvent :

« Il n’y a que le « live »qui permet à l’artiste de sortir le grand jeu et de recueillir des lauriers sur son passage. Or, le Bénin dispose d’arguments conséquents qui lui permettent de se faire valoir dans l’arène du show biz international. Si Angélique Kidjo a pu hisser son nom et sa nationalité sur le toit musical mondial, c’est parce qu’elle a su donner au travail toute sa valeur. La musique est l’art de combiner les sons, d’une manière agréable à l’oreille. Et pour parvenir à ce stade où l’artiste bénéficie d’une reconnaissance internationale durable, il lui faut à tout prix s’inscrire à l’école du professionnalisme. »

A partir de cette précieuse expérience béninoise, ne pourrions-nous pas nous aussi, au Burundi, tirer des leçons au profit de nos musiciens qui, apparemment semblent délaissés à eux-mêmes ? L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA porte déjà cette vision dans son programme et voudrait, dans un avenir proche, lancer une telle initiative d’une rencontre musicale de nos musiciens avec de grands noms de la Musique africaine et internationale.

Le souhait de Moïse DOSSOUMOU est aussi le nôtre : que « des talents mondialement reconnus soient aux côtés des artistes locaux pour des échanges fructueux, et que nos musiciens puissent s’abreuver à la source de ces grands noms de la scène internationale et s’enrichir de leurs expériences, apprendre davantage sur la tenue sur scène, l’art du live, de la chorégraphie, etc. »

« Dans le doute, il faut choisir d’être fidèle »
(François Mauriac, écrivain français, 1885-1970)

Nous contacter :
INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
B.P. 197 Gitega, Burundi
Tel : +257 79 877 097 ou +257 77 758 123
E-mail : baransajust@gmail.com
https://musicologygitega.wordpress.com

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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