David NIKIZA fait l’expérience de l’Afro-beat dans ses toutes Premières Compositions

Deux chansons-phares de David NIKIZA composées en Décembre 1977 à la veille de son retour au Burundi sont à cent pour cent imprégnées du style Afro-beat qui était en vogue à cette époque. Il s’agit de « TAMBA AMAYAYA BURUNDI » et de « SHOREZA INYANGE » qui ont bouleversé les mélomanes de Bujumbura qui ne s’attendaient guère à voir un musicien Burundais atteindre un tel niveau de professionnalisme dans son travail. Mais qu’est-ce au juste le style Afro-beat au juste ?
Défini par http://www.afrik.com/musik/styles comme une combinaison de la musique Yorouba du Nigéria avec le Jazz, le high-life, et des rythmes funk, fusionnés avec des percussions africaines et des styles vocaux popularisés en Afrique dans les années 1970, L’Afro-beat est une musique urbaine, née dans les faubourgs de Lagos, de la colère et de la révolte d’hommes qui veulent sonner le glas d’une Afrique asservie, aliénée et corrompue.

Inspiré par le mouvement des droits civiques des Afro-Américains, le style Afro-beat revendique la black attitude, le retour aux valeurs authentiques noires et au panafricanisme, symbole de l’unité africaine. C’est une musique qui est en rupture totale, d’une part avec la mouvance musicale traditionnelle à la solde de l’élite nigériane, et d’autre part, avec le monde tel que défini par les instances internationales et dont les dictas continuent à s’appliquer impitoyablement à l’Afrique.

Dans le Nigeria parcouru par le vent du High-life et du Juju, l’Afro-beat désigne le style musical créé par FELA KUTI. C’est surtout une aventure collective d’hommes passionnés de fonder un groupe africain. Si FELA demeure son créateur et le porte-voix des chemins à suivre, force est de reconnaître que ces mêmes chemins auraient manqué d’intensité et de rythmes sans le feu follet inspiré de Tony Allen. En effet, plus que simple batteur, il fut son chef d’orchestre et son tambour majeur. D’autres membres comme Iggo Chico dont le sax coule comme un vin de palme dans la tête, Henry Koffi, le percussionniste qui enflamme les congas et Baba Ani, le baryton ivre de rythmes délirants, avaient tous contribué au développement de cette création musicale.

L’Afro-beat est une musique hybride résultant de la rencontre fusionnelle du JAZZ, HIGHLIFE, du JUJU, de la SOUL, du FUNK, du ROCK, et du BIG BAND JAZZ. Le jeu de saxo ou de piano s’adonne librement à l’improvisation. D’où son caractère incontestable de FREE JAZZ. L’usage des éléments de la musique traditionnelle africaine, rythmés par des appel-réponses lui conférés une solide charpente africaine formidablement articulée dans des sections de fanfares de cuivres. Son groove incandescent funké syncopé utilise des percussions, transcende le staccato et le chicken scratch – guitare rythmique – de l’Afro-Américain James Brown. La guitare ténor venant imprimer le « la » funky aux guitares classiques. Il n’est pas étonnant que la première chose qui saisit les tympans du voyageur non initié à cette musique baroque est son coté exotico-afrojazz chaudement funké.

En définitive, l’Afro-beat revêt deux aspects :
– Il est souvent connu sous sa forme « Dance ». Effectivement, c’est sans doute son côte groove le plus irrésistible. Nous pouvons citer pêle-mêle certains des succès afro-beat de FELA comme SHAKARA, NO AGREEMENT, SHUFFERING AND SMILING, ITT, etc.
– Il se présente aussi sous forme d’un jazz envoûtant, psychédélique, voire spirituel, notamment dans : WATER NO GET ENNEPY, CONFUSION BREAK BONES, LOOK AND LAUGH.
Les deux œuvres fantastiques de David NIKIZA (TAMBA AMAYAYA et SHOREZA INYANGE) ont reussi à faire bouger les jeunes de Bujumbura dès leur première diffusion sur les antennes de la Radiodiffusion nationale du Burundi au mois de Janvier 1978, en préparation de l’arrivée du groupe EXPLORERS qui est devenu « AMABANO ». Le travail combien louable de David NIKIZA dans la composition de ces chansons, ne pourrait-il pas aujourd’hui inspirer nos musiciens et les mettre au travail sérieusement pour continuer sur le chemin tracé par les Pionniers de la Musique Burundaise moderne ? Nous l’espérons tous.

« Dans le doute, il faut choisir d’être fidèle »
(François Mauriac, écrivain français, 1885-1970)

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INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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