(Suite 2) : QUATRE PILIERS INDISPENSABLES POUR LA PROMOTION D’UNE MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE

Comme complément à l’article précédent, nous avons choisi d’emprunter un extrait de l’ouvrage « MUSIQUE DE L’AFRIQUE » de l’ethnomusicologue et chanteur Camerounais, Francis Bebey, qu’il écrit en ces termes :

« … Il faut donner à l’âme des peuples le désir de s’exprimer souvent dans un langage qui tienne compte de l’évolution même de ces peuples. Développer la musique africaine,
a) C’est, pratiquement, organiser des concours de musique ainsi que d’autres manifestations culturelles, mettant en présence, s’il le faut, des musiciens traditionnels et des musiciens ‘modernes’.

b) C’est aider à la constitution de troupes folkloriques prônant l’art authentique, et au sein desquelles il soit mis un accent particulier sur la musique.
c) C’est former des orchestres de musique traditionnelle recevant une aide financière qui leur permette de rester en contact avec ce qu’il y a de plus pur dans l’art ancestral des sons.

d) C’est rémunérer les musiciens enregistrant pour le disque ou la radio.

e) C’est, de la part des compagnies phonographiques, faire des efforts de promotion des disques, comparables a ceux qu’elles consentent a faire pour vendre des disques de chansons.

f) C’est créer et subventionner des centres de recherches ethnomusicologiques, des centres de lutherie africaine, des conservatoires de musique africaine.

g) C’est, de la part des services radiophoniques africains, diffuser le plus possible de musique africaine, en l’expliquant et en la commentant pour les auditeurs n’appartenant pas à la communauté d’où cette musique est issue. »
En conclusion, Francis Bebey suggère ce qui suit: « Il faut, en effet, rappeler que la vie urbaine, mettant l’Africain au contact de la musique européenne, et l’exode des villages vers les villes, ont crée à ce jour un nouveau type d’homme noir qui, parfois, tourne absolument le dos à tout ce qui est tradition, c’est- à -dire ‘passé’, soit par snobisme, soit par imitation, soit par amour pour un genre de vie différent… Des centaines d’ ‘intellectuels’ africains vivant aujourd’hui dans les anciens quartiers ‘européens’ du temps de la colonisation, préfèrent ainsi écouter Jean-Sébastien Bach ou Claude Debussy, plutôt que d’entendre la musique qui se joue dans les quartiers ‘africains’. … Développer la musique africaine, c’est aussi amener de tels ‘intellectuels’ africains à lui accorder leur attention. »
Et Mgr. Justin Baransananikiye, auteur de « MUSIQUES TRADITIONNELLES, VOCALES ET INSTRUMENTALES DU BURUNDI – TOME 1 », d’ajouter, « Le seul moyen de transmettre aux générations futures ce riche héritage culturel de nos chansons et danses traditionnelles, a toujours été et restera celui de laisser les enfants s’y associer librement dès leur jeune âge. »
Mais tout ce processus ne peut se créer, fonctionner, ni aboutir, sans un appui musclé de l’Etat que viendront compléter les Institutions à vocation culturelle.

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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