(Suite 3) : QUATRE PILIERS INDISPENSABLES POUR LA PROMOTION D’UNE MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE

Le troisième PILIER est un point crucial auquel tous les musiciens burundais d’aujourd’hui et de demain, ainsi que l’Etat, devraient accorder une attention toute particulière. Il s’agit du :

3. RÔLE DES INSTITUTIONS DE FORMATION MUSICALE

D’aucuns n’ignorent, en effet, que la science musicale s’apprend en profondeur comme toutes les autres disciplines. La musique a ses principes et ses lois qui la régissent et sur lesquelles elle est bâtie. Vouloir que le secteur musical se développe et prenne un essor satisfaisant, revient aussi à désirer former des cadres, des experts et des artistes bien rodés et spécialisés dans cette matière.
La musique d’un pays ne peut prétendre se développer en restant au simple stade de folklore où aucun travail de recherche n’est réalisé au fur et à  mesure. Ce dernier, à priori, ne sera possible qu’avec la création d’institutions et écoles spécialisées dans la formation musicale depuis le niveau le plus bas jusqu’au plus haut. Ce sont de telles structures de formation qui nous donneront, à peu de frais, des élites qui nous manquent encore cruellement au Burundi, lesquelles sont les garants d’un travail scientifiquement étudié et accompli.

Depuis la création d’un Ministère au sein duquel un département de la culture est devenu plus ou moins organisé, il y a de cela presque quarante ans maintenant, le Burundi n’a connu jusqu’à ce jour que deux élites formées dans les hautes études musicales, à savoir, feu l’Abbé Marc BARENGAYABO (compositeur de notre Hymne national) et Mgr. Justin BARANSANANIKIYE (fondateur et directeur de l’Institut de Musicologie de Gitega depuis 2014). De nombreux petits prétendus centres sans expérience ont également tenté d’émerger et de s’établir ici et là dans la ville de Bujumbura, sans aucun programme certifié acceptable pour dispenser un enseignement musical de qualité.

Triste constat, les jeunes musiciens amateurs de Bujumbura auxquels ces petites écoles étaient sensées s’adresser n’ont guère manifesté le moindre intérêt vis-à-vis d’elles. Chacun a préféré perpétuer son ancienne vie d’aventurier-musicien, d’imitateur des œuvres piratées à gauche et à droite. La créativité musicale qui avait quelque peu essayé de pointer à l’horizon vers la fin des années 70s-80s, est quasiment retombée à zéro et n’a jamais pu redémarrer.
La formation de cadres et de techniciens de la musique, ainsi que des artistes voués à ce métier, ne vient à peine que de prendre sérieusement son départ au Burundi. Même ici, nous constatons encore une fois, avec amertume, que les musiciens burundais ne répondent pas du tout à cette opportunité. En effet, un faux amateurisme et un aventurisme irresponsable en musique gangrènent toujours la classe des artistes-musiciens du pays, et ils ne veulent pas rompre avec ces vieux démons.
Alors, que faudrait-il faire pour encourager les musiciens burundais à s’engager volontairement dans la formation au sein des écoles de musique ? Faudrait-il envisager la CRÉATION D’UN FONDS DE SOUTIEN AUX MUSICIENS ACCEPTANT D’ENTRER EN FORMATION, de sorte qu’ils ne soient plus tentés d’abandonner sous prétexte de ne plus être en mesure de survivre correctement ? C’est une possibilité. Faudrait-il, par ailleurs, commencer à organiser autrement les concours musicaux, en demandant aux concurrents de faire appel à l’application des connaissances théoriques musicales comme tente de l’exiger actuellement le CONCOURS « GOLDEN PIANO DU BURUNDI » en préparation ? C’est une autre option, mais qui devrait être complétée par le fonds précédemment proposé. Savoir écrire le solfège et lire des partitions est la clé d’un nouveau de développement de la musique au Burundi qu’il nous faut absolument atteindre. Car, prétendre que le Burundi a des musiciens alors qu’ils sont à 100% incapables d’écrire et de lire la musique est tout simplement absurde. Il faut à tout prix que le Burundi se dote de plusieurs écoles de musique. D’où viendraient les formateurs nécessaires ? L’Institut de Musicologie de Gitega est en train de les former. MAIS CES INSTITUTIONS DE FORMATION MUSICALE DOIVENT ABSOLUMENT RECEVOIR UN SOUTIEN MATÉRIEL ET FINANCIER DE L’ETAT.

Publicités

Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s