PRESENTATION D’UN ARTISTE-MUSICIEN BURUNDAIS : Magloire NIBIGIRWE (alias BUDDY

Photo en affiche: à gauche, Tanga (guitariste de Nikiza David)
à droite, Magloire (alias Buddy)

Extrait du Livre « DE L’INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE,
UNE HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE
(de Mgr. Justin BARANSANANIKIYE)

Né à Rohero, en Mairie de Bujumbura en 1957, Il fait ses études primaires à l’Ecole Stella Matutina, puis termine à l’Ecole communément appelée « Bassin » près du quartier Buyenzi. C’est là, dit-il, qu’il apprend la musique pour la première fois. Encore enfants à cette école, lui et ses condisciples avaient l’habitude de sauter la clôture de l’école pendant la récréation pour se rendre chez Shabani Makangila à la 4ème avenue No.1, où les riches et intellectuels (ou évolués comme on les appelait dans les années 50s-60s) se rencontraient souvent pour échanger des idées et prendre un verre.
C’est dans ce quartier exclusivement Musulman que Buddy et ses compagnons de classe ont vu pour la première fois la pratique du culte appelé « Mizoukas », sorte de Vaudou. Buddy poursuit le cycle secondaire au Collège Notre Dame de Gitega. Il fait partie de cette première génération de jeunes citadins de Bujumbura qui côtoient les jeunes Européens, essentiellement Grecs, entre les années 60s–70s. C’est là qu’il découvre la Musique européenne interprétée lors de leurs bals et concerts. Son intérêt se porte spécialement sur la guitare qu’il apprend à perfection. Il se rallie d’ailleurs aux jeunes Grecs Georges Kalomiris, Toto Paguidas et d’autres dans leurs orchestres qui s’exhibaient régulièrement au Cercle nautique ou à l’Entente Sportive de Bujumbura.
« Dès le commencement, au début des années 70s, indique Buddy, le premier groupe avec lequel j’ai commencé à pratiquer la Musique, était constitué de moi, David Nikiza qui étudiait à l’Athénée de Bujumbura, ainsi que Jean-Marie Gahamanyi qui devint l’un des tout premiers journalistes à la Radio Télévision Nationale du Burundi. On se rencontrait chez ce dernier. Nikiza avait de grandes qualités de poète et aimait la musique genre ‘variétés françaises’ dans ses styles. Les professeurs Belges qui enseignaient dans les écoles de Bujumbura avaient découvert nos talents, mais nous n’étions pas autorisés de nous exhiber en ville. Nous devrions rester à Bwiza, car la limite infranchissable pour nous Africains était l’actuelle avenue de l’Université. Après le départ des Belges, Bwiza devenait le centre de rencontre de tous les musiciens Burundais et étrangers. »
Aujourd’hui, au Burundi, Buddy est incontestablement l’unique réservoir de tous les grands talents musicaux internationaux qu’il a côtoyés. Il combine à la fois Richard Bona, Youssou N’dour et Manu Dibango ; ce dernier étant le pilier qui tient par excellence les racines de la Musique africaine. « Ici au Burundi, nous ne pourrons jamais atteindre les progrès dont nous rêvons en Musique tant que nous n’aurons pas encore compris son sens commercial, insiste Buddy »

Magloire, alias Buddy, a une riche expérience à partager avec tous les musiciens Burundais sur ce point :
« Au Burundi, précise-il, il y a une personne que je juge très importante selon moi : C’est le Dr. Pie Masumbuko. C’est en effet lui qui possède la plus grande discographie de Jazz que je n’ai jamais vue chez qui que ce soit ici. Miriam Makeba a beaucoup influencé notre époque et nous a poussés à écouter beaucoup la musique Sud-africaine qui a une base ‘Jazz’, étant à la fois une musique de contestation. Il y avait à l’époque Hughes Masekela que j’ai rencontré à Los Angeles dans le Club Congas Room, poursuit Buddy. Il était en compagnie du célèbre Jonathan Baker. Je parlais avec un journaliste de la Voix de l’Amérique et ce dernier s’est intéressé à moi et m’a abordé en langue française et on a fait connaissance. C’était à l’occasion du lancement du film ‘The Lion King’ ».
« Pour comprendre les profondeurs du Business musical, il a fallu que je voyage quoique je sois parti dans des conditions horribles. En effet, mon exil aux Etats-Unis date de l’année 2000, lorsque, rentrant à la maison, j’ai trouvé mon fils en train de pleurer, effrayé par les coups de feu incessants en pleine période de guerre civile au Burundi. J’ai alors décidé de demander un visa, et suis parti avec ma famille jusqu’aux Etats-Unis via le Canada. J’y ai passé environ 6 ans et puis, plus tard, je suis revenu m’établir au Burundi en tant que producteur. Je suis le premier à avoir lancé le Karaoké au Burundi. Aujourd’hui les Karaokés sont en train de créer une nouvelle dynamique dans la musique « Live » ici chez nous. J’ai aussi été le premier dans le lancement de « Primusic » en collaboration avec Bachir Joseph Dia. J’ai été Président du jury de « Primusic ».
« C’est moi qui ai produit Emmy Niwizere qui a gagné le trophée ‘Afro fusion’ avec la chanson « Yambogorera » en 2011. En 2012 cette même chanson a gagné l’ ‘East African Musical Award’. Emmy a également gagné le meilleur clip vidéo toujours avec cette chanson». (A suivre).

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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