(Suite 4) : QUATRE PILIERS INDISPENSABLES POUR LA PROMOTION D’UNE MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE

4. LE RÔLE DES MÉDIAS.

Après avoir parlé des rôles spécifiques du MUSICIEN, de l’ÉTAT et des INSTITUTIONS DE FORMATION MUSICALE dans la mission de promotion d’une véritable musique Burundaise moderne, nous allons enfin nous arrêter sur la part que devraient jouer les MÉDIAS. Quelqu’un a dit : « Vu le travail accompli par les radios, télévisions, et autres médias dans la diffusion de la musique, ne serait-il pas souhaitable que les journalistes aussi bénéficient de différentes formations en matière de musique, même si cela n’atteindrait pas le niveau d’une haute qualification ? »

Nous pensons que cette personne a raison. Que pensez-vous du journaliste culturel qui fait un travail si important d’informer le public sur les styles et genres musicaux des chansons qu’il diffuse dans ses émissions, ou sur l’industrie musicale et les différentes exigences professionnelles en connaissances musicales, ou qui doit expliquer aux jeunes artistes ce qu’est une gamme, un accord, ou leur inculquer les notions d’orchestre, de chorale ou des différentes voix (soprano, alto, ténor, basse, etc.), ou les orienter dans la recherche au sein des musiques traditionnelles ? Pourrait-il être à la hauteur de sa tâche sans posséder lui-même un minimum d’instruction en matière de musique, d’histoire de la musique, d’ethnomusicologie ou d’harmonie ?

Nous savons tous que les médias sont un excellent moyen de communication dont se servent les musiciens pour se faire connaître et faire connaître leurs œuvres. Une chanson jouée plusieurs fois chaque jour sur les radios et télévisions sera vite aimée par le public et classée première même si elle n’est pas meilleure artistiquement. Nous ne devrions pas exclure que LES MÉDIAS JOUENT SUR L’OREILLE ET LES SENTIMENTS DU PUBLIC, ET SONT CAPABLES DE L’INFLUENCER DANS L’APPRÉCIATION POSITIVE OU NÉGATIVE DES CHANSONS. De même alors, notons sérieusement que la mission de promotion de la musique burundaise reste à 50% entre les mains des médias et 50% entre les mains des musiciens, de l’État et des Institutions de formation musicale combinés.

Un artiste peut faire irruption sur la scène musicale et produire les meilleures œuvres qu’il peut dans des styles nouveaux et envoûtants ; s’il n’a pas l’appui des médias, il n’ira pas loin. Les médias sont capables de le promouvoir ou de le décourager complètement. Ainsi, nos recherches en matière de production de nouvelles chansons burundaises originales reflétant les accents de notre culture, ont également besoin d’un appui fort et continu de la part des journalistes culturels pour être aimées par notre public. Il est certain que si toutes les radios et télévisions locales se mettaient à pousser les musiciens burundais à se plonger sérieusement dans la composition d’œuvres musicales inspirées de nos musiques traditionnelles, TOUS, sans exception, comprendraient rapidement que c’est la nouvelle mode qu’il faudrait embrasser et ils s’y lanceraient volontiers.

Les médias burundais doivent soutenir les efforts de nos artistes dans ce travail. Ce sont eux qui feront aimer à notre public les nouveaux rythmes que les musiciens créeraient dans leurs inspirations fondées sur la musique traditionnelle. Ce sont les médias qui doivent donner priorité à la diffusion de ces nouvelles découvertes et créations de nos musiciens. CE SONT LES MÉDIAS QUI DOIVENT DONNER RAISON A LA NAISSANCE DE NOUVEAUX STYLES ET GENRES MUSICAUX JUSQU’ALORS INEXISTANTS QUE NOS ARTISTES VONT CRÉER. Ce sont les médias qui doivent crier très fort chaque jour pour soutenir les artistes dans les réclamations de régularisation de leurs droits d’auteurs. C’est ça encourager un musicien et lui donner un ‘punch’ dans son travail. Mais, quand nos jeunes artistes voient leurs droits continuellement bafoués, et constatent qu’ils sont ignorés et peu diffusés par les radios et télévisions, quand ils n’entendent pas de commentaires quotidiennement dans la rue sur leurs œuvres, comment sauront-ils que leur travail est bien ou mal apprécié du public ?

Demain, ils vont certainement répondre à notre appel et créer de nouveaux styles musicaux typiquement burundais que nous allons remixer avec des styles étrangers afin de pouvoir percer sur le marché international comme l’ont fait plusieurs autres musiciens africains bien connus. Si les médias burundais ne s’accordent pas pour diffuser et vanter les nouvelles musiques émergentes du Burundi, personne dans le monde ne s’y intéressera. C’est chez nous que la publicité et le vente verbale doivent commencer. Aussi, les médias locaux devraient, dans les concours qu’ils organisent, mettre en avant, primer et récompenser les chansons de styles couramment appelés « Tradi-modernes » afin de pousser les jeunes musiciens à se tourner vers les valeurs et richesses traditionnelles de leur pays.

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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