Jean-Christophe MATATA, La ‘Muse’ Burundaise des Amours!

A l’occasion du 5e anniversaire de la disparition de Jean-Christophe MATATA, le 3 janvier 2016, nous consacrons encore des pages à cette illustre figure de la Musique Burundaise moderne.
Ayant grandi dans un environnement de grande pauvreté, à Kamenge et à Kinama, où il mène une vie dure comme plusieurs des musiciens de son époque dans ces faubourgs reculés de la capitale du Burundi, Bujumbura, Jean-Christophe MATATA est pourtant le Poète lyrique, chanteur des thèmes d’amour par excellence, le plus remarqué parmi tous nos musiciens modernes. Cette vie au jour le jour, qui était conditionnée par un maigre revenu de ses pauvres parents vivant d’un petit commerce de denrées alimentaires courantes au marché et sur un humble étalage devant leur domicile, a forgé en lui un caractère particulier d’un artiste qui a su lire et partager les sentiments d’amour les plus profonds. Nous consacrons un certain nombre d’articles à l’analyse des paroles de ses chansons combien adorées des mélomanes burundaises. Jugez-en vous-mêmes :

1er Titre: “AMASO AKUNDA NTABONA NEZA”

Première chanson composée par Matata dès le début timide de sa carrière de musicien en 1977, elle a été applaudie et chantée aussi bien par les jeunes que par les adultes. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement parce qu’elle portait sur un thème très délicat, l’AMOUR, décrit dans sa faiblesse observée chez tous, à savoir, l’aveuglement ! « Amaso akunda ntabona neza » (Quand on est amoureux, on ne peut guère voir les défauts de son (sa) bien-aimé(e). Ce titre constitue d’ailleurs une sorte de slogan qui revient chaque fois dans le refrain :

Refrain:

Amaso akunda
Ntabona neza!
Amaso akunda
Ntabona neza!

1. Iyo ukunze ntiwobona
Imigenzo mibi
Y’uwo ukunda,
Kuko:
(Refrain)

2. Uwo ukunda
Iyo ari imbere yawe,
Uba uvuye kw’ isi
kubera urukundo rwinshi,
Ivyo vyose akora
Ubona ko ari vyiza!
Yaba afise imigenzo mibi,
Ubona ko ari myiza!
Iba mibi ku bandi,
Kuri wewe ikaba myiza !
Kuko: (Refrain)

A l’époque de sa composition suivie de son enregistrement à la radio nationale, cette chanson fit découvrir au public Burundais un jeune talent, Jean-Christophe MATATA, qui allait devenir un concurrent de taille des grands orchestres subventionnés par l’Etat, à savoir, l’Orchestre National (attaché au Ministère de la Culture) et l’Orchestre AMABANO (attaché à la Radiodiffusion nationale du Burundi).
« Je me souviens de cette époque, explique Mgr. Justin BARANSANANIKIYE, qui dirigeait l’Orchestre national du Burundi, où cette chanson est tombée sur les antennes de la Radiodiffusion nationale du Burundi comme une foudre qui remit en doute nos compétences en tant que groupe organisé par les services publics. MATATA et ses coéquipiers n’avaient rien ! Ils avaient même de la peine à trouver des instruments de musique pour faire leurs répétitions et aller enregistrer au seul et unique studio existant, celui la Radio nationale. Pourtant, leur première sortie fut vraiment un coup de maître ! Toute la jeunesse de la capitale se tourna vers eux parce qu’ils faisaient une musique répondant à leurs goûts. Nous, à l’Orchestre national, avions la mission de revaloriser la musique traditionnelle burundaise et étions réputés comme innovateurs d’un art qui se cherchait encore dans les styles musicaux connus. MATATA, lui, se lançant directement sur scène avec un style ‘REGGAE’ en vogue, arrivait comme une grande vedette, un nouvel espoir pour une jeunesse qui ne voulait pas du tout rompre avec les musiques internationales. Bien sûr, c’était l’époque des grands ‘Reggae men’ comme Jimmy Cliff, Peter Tosh, Bob Marley, Alpha Blondie, Touré Kounda, etc. Je ne l’oublierai jamais ! »

« Dans le doute, il faut choisir d’être fidèle »
(François Mauriac, écrivain français, 1885-1970)

Nous contacter :
INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
B.P. 197 Gitega, Burundi
Tel : +257 79 877 097 ou +257 77 758 123
E-mail : baransajust@gmail.com
https://musicologygitega.wordpress.com

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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