« SINARINZI KO NORIZE ! »: David NIKIZA, Père du Mouvement de la RENAISSANCE DES TALENTS MUSICAUX BURUNDAIS.

Encore et toujours le grand David NIKIZA avec l’Orchestre ‘Amabano’ dans sa chanson SINARINZI KO NORIZE, David Nikiza (alias Niki Dave) au soprano mais cette fois-ci au synthétiseur, Antoine-Marie Rugerinyange (alias Africanova) comme toujours au chant voix ténor, Antoine Ntiruhwama (alias Tanga, frère de Kha Dja Nin) à la guitare solo et au chant en même temps, John Kagenda (Kenyan) à la guitare basse et Super wa Super, Kenyan aussi à la batterie. David n’a pas fait d’arrangement pour trompette dans cette chanson, raison pour laquelle Tula n’a pas joué de son instrument chéri.

Encore une fois, Mgr. Justin Baransananikiye (également cousin de Nikiza) évoquant dans son livre « De l’Inanga à la Guitare Classique… » l’arrivée au Burundi de NIKIZA et son groupe EXPLORERS en 1978, écrit :
« L’arrivée au Burundi de Nikiza David et son Orchestre «Explorers» a eu l’effet de l’explosion d’une bombe dans les esprits des musiciens et des mélomanes Burundais. C’est bien cet événement qui ouvrit les yeux à plusieurs en venant attester à ceux qui n’osaient pas encore y croire, que la Musique Burundaise pouvait se faire valoir dignement hors de nos frontières. David Nikiza incarnait définitivement la maturité internationale de notre musique à travers ses deux œuvres choc, à savoir, « Tamba amayaya, Burundi » et « Shoreza Inyange ». Qui n’a pas été éveillé par cette époque à Bujumbura ? Personne.

Certes, l’Orchestre national avait déjà frayé et défriché les premières pistes de passage de la Musique Burundaise vers une modernisation qui allait se confirmer on ne savait quand… Avec David Nikiza, les styles de jeu de la guitare changeaient obligatoirement chez tous les musiciens Burundais ; les orchestres existants revoyaient leur travail passé et retouchaient les imperfections dont ils s’accusaient après avoir écouté les œuvres de Nikiza. Bien plus, les mélomanes, de leur coté devenaient plus exigeants et n’acceptaient plus que nos groupes chantent et jouent de la guitare n’importe comment. En effet, un nouveau thermomètre musical venait d’entrer dans le pays, en la personne de David Nikiza et son groupe « Explorers».

Et, que dites-vous aujourd’hui de cette poésie véhiculant un profond chagrin d’un amour perdu, à presque quarante ans depuis la composition et l’enregistrement de cette chanson en 1978?

SINARINZI KO NORIZE !

1. Ngira ngo mpoze ikibondo,
Ngira ngo mpoze uwo mwana,
Nti: Hora, wihorere!
Ngira ngo ncure intimba,
Ndababwire ayo nabonye,
Aya nagowe.
Uwo mwana yari rukundo,
Yari mwiza nk’irirenga,
Ni inde yomumenya?
Ko namubuze ntamwanse,
Ari we gusa nakunze,
Sinzomwibagira namba!

REFRAIN:
Sinarinzi ko norize
Nzomuhoza k’umutima

2. Amosozi y‘urukundo
Ni, yo mfise nireguza,
Sije nabishatse.
Uwantwaye ubusore
Uwontunze mu busaza
Yanyihakanye !
Nzohora ndamuririmba,
Nzomuyaga mu bandi,
Ni ryo sezerano, egome!
Nzihanganira amogorwa,
Nzomuha n‘ico yankunze,
Tuzobaho gutyo, egome!

REFRAIN

3. Itariki zine mu kwezi,
Nzohora nja ku mucamo,
Aho twahuriye.
Nzoba njanye agahinda,
Mperekeje n‘uwo musi
Twakundaniyeko!
Nzosiga nteye ikigabiro
Ku bisigarira vyacu:
Kizoba icibitso.
Nzotera iteka urukundo,
Ku gasozi k‘ivyiza,
Sinzohibagira, oyaye!

« Une vraie histoire vécue par l’artiste, ajoute Mgr. Justin ! J’ai vu David réellement en larmes après ce choc subit dans la vie. Et, comme il le chante, à chaque quatrième jour des mois qui suivirent, il se rendait à cette plage-souvenir du lac Tanganyika ». Ce qui a marqué tous les musiciens contemporains de David, c’était son attachement profond à vouloir les former et les préparer à pouvoir un jour embrasser une véritable carrière musicale professionnelle comme lui. En effet, mis à part Ngabo Léonce qui, après avoir gagné le Concours musical « PIROGUE D’OR DE LA CHANSON » en 1973, avait été soutenu par la radio nationale pour produire sur disques 45 tours sa chanson Sagamba Burundi et trois autres, aucun autre musicien Burundais n’avait pu faire ainsi de ses propres moyens.
« Pendant ce temps, écrit encore Mgr. Baransananikiye, tous les jeunes musiciens apprentis de la capitale s’attachaient à David qui leur rendait de grands services en les aidant avec des paroles dont il était l’auteur, ou en leur faisant gratuitement les arrangements musicaux dont ils avaient besoin pour leurs chansons. Nikiza a initié même un projet qu’il appela « Système Wamassax » par lequel il donnait place aux jeunes musiciens chanteurs qui se cherchaient encore, de pouvoir se produire sur scène lors de ses propres concerts. Cela permit à plusieurs d’entre eux d’émerger et de commencer à être connus petit à petit du public. Managure Lambert, Matata Christophe, Kidumu, Léonard Sinzinkayo, Appolinaire Habonimana, etc, furent tous à l’école non déclarée de Nikiza David.

A partir de ce carrefour où tous ces musiciens se sont croisés et connus, sont partis de nombreuses ramifications d’auteurs-compositeurs qui ont pris différents chemins de l’aventure, les uns restant au Burundi et d’autres, à qui le destin avait souri, trouvant des possibilités de sortir du pays et de faire sérieusement carrière à l’étranger, comme Kidumu. Nikiza a donc stimulé un grand mouvement de « Renaissance des Talents Musicaux Burundais », car de lui est né un nouvel esprit d’engagement, par ailleurs dynamique et décisif, au sein du paysage musical Burundais.

INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
B.P. 197 Gitega, Burundi
Tel : +257 79 877 097 ou +257 77 758 123
E-mail : baransajust@gmail.com
https://musicologygitega.wordpress.com

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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