REUSSIR UNE PROMOTION MODERNE DES MUSIQUES TRADITIONNELLES BURUNDAISES TOUT EN SAUVEGARDANT LEUR ORIGINALITE.

(Extrait de l’exposé de Mgr. Justin Baransananikiye
Sous le thème « PRINCIPES D’APPUI A LA RECHERCHE
POUR LA PROMOTION DES MUSIQUES BURUNDAISES »)

Après avoir compris les méthodologies de travail utilisées par nos confrères aînés Africains, dont Manu Dibango, Youssou N’dour, Mory Kanté, Salif Keita et d’autres qui nous ont devancés dans la promotion des musiques de leurs pays, l’heure est à nous Musiciens Burundais maintenant de savoir comment mener nos propres recherches aussi et en exploiter les résultats pour bien réussir une modernisation qui sauvegardera l’originalité de nos musiques traditionnelles et les distinguera des autres sur les podiums internationaux. Pour mieux comprendre cette thématique, nous nous référerons à certains documents utiles, à commencer par l’expérience que nous offrent les musiciens du Cameroun.

1. Dans un article consacré à ce sujet, Jean-Paul MONGO BELL écrit : « Dans le numéro 324 du journal Afrique-Asie paru le Lundi 18 juin 1984, Francis Bebey dit ceci : ‘ … le Makossa est un mélange d’AMBAS BEY et de BOLOBO, musique et chants de la ville de Douala qui nécessitent voix humaines et claquements de mains sur un rythme africain pur, tels les chants protestants et la musique afro-cubaine ». Le Site http://www.masoso.unblog.fr dans son analyse donne d’autres précisions : « Le Makossa, rythme ou style musical, attribué au peuple SAWA originaire du littoral du Cameroun, plus précisément de la ville de DOUALA, trouve ses fondements dans les mots Kô (tomber) et Sa (danse). En clair, il signifie tomber dans la danse. Ce cri de ralliement est rendu populaire par l’artiste NELLE EYOUM. Le Rythme MAKOSSA, dont les bases rythmiques viennent de la RUMBA, de la SALSA et de la BIGUINE s’identifie par ses sections syncopées. Ce rythme s’est popularisé en 1958 par le groupe NEGRO STYL avec NELLE EYOUM, EBANDA MANFRED, dont la chanson ‘AMIO’, excellemment interprétée par BEBEY MANGA, est aujourd’hui un standard universel. En 1972, MANU DIBANGO avec son tube ‘SOUL MAKOSSA’ donne une dimension planétaire au MAKOSSA. Les paroliers EBOA LOTTIN, FRANCIS BEBEY, CHARLES LEMBE, lui donneront un esprit d’écoute. EKAMBI BRILLANT, fan de JAMES BROWN, avec le soutien de l’excellent bassiste JEAN DIKOTO MANDENGUE, introduira des riffes et break qui feront une partie de l’identité du MAKOSSA New wave.
Au début des années 80 sous les arrangements de TOTO GUILLAUME, installé en France, avec les bassistes Vicky EDIMO, TOURE ALHADJI, les batteurs EBENY Donald Wesley et LOBE Valérie, qui donne naissance à l’équipe nationale du MAKOSSA, que le MAKOSSA fera éclore de nombreux talents Camerounais… Le MAKOSSA devient une musique nationale interprétée par des compositeurs talentueux originaires d’autres régions du Cameroun, TALA ANDRE MARIE, PIERRE DIDY TCHAKOUNTE, TIM& FOTY, ELVIS KEMAYO, etc. La nouvelle génération, tant bien que mal, continue de porter haut le flambeau de cette musique. Elle est constituée de RICHARD BONA, ETIENNE MBAPPE, GUY NSANGUE, etc. Le Makossa puise ses ressources dans la diversité des instrumentistes qui l’ont porté à l’affection des peuples du monde. Le travail de promotion du MAKOSSA a pu se faire grâce à des mécènes qui pour la plus part ont achevé leur vie dans la misère, WONGA Jules, DJOGA MATHIAS, MOISE KOUOGUENG, etc, des hommes et femmes qui ont cru en la musique ».

Quelles premières leçons devons-nous tirer de ce travail assidu et persévérant accompli par nos ainés du Cameroun ?
– Ils ont fait de l’œuvre de promotion de leur musique traditionnelle, le ‘Makosa’ UN PROGRAMME CULTUREL NATIONAL aussi auquel tous, sans exception, se sont ralliés.
– Ils ont tous travaillé ce style original en veillant à la sauvegarde des ‘bases rythmiques du Makosa traditionnel’ de la région de Douala qu’ils ont rendu populaire dans tout le pays tout en en faisant un standard universel ayant une dimension planétaire.
– Les artistes Camerounais, paroliers de profession, sont reconnus dans leur rôle et sont consultés pour mettre de leur main sur les textes à chanter des différentes compositions musicales. On ne chante pas en désordre du n’importe quoi. Certes des règles grammaticales et linguistiques sont observées. Résultat, ceci fait du ‘Makosa’ un style à écouter partout.
– Les musiciens Camerounais font des ajoutes qui, au lieu de la détruire, apportent une saveur spéciale à l’identité du ‘Makosa’.
– Ils font appel à leurs compatriotes musiciens professionnels déjà expérimentés évoluant en Occident qui prennent en main, cette fois-ci, le travail d’y ajouter les dernières retouches qui font du ‘Makosa’ une musique nationale interprétée par des compositeurs talentueux originaires d’autres régions du Cameroun.
– Des mécènes camerounais se lèvent d’un même pied pour soutenir les musiciens de leur pays dans la production et la diffusion de leur musique, le ‘Makosa’.

Musiciens Burundais, sommes-nous suffisamment humbles et disposés d’apprendre à partir de l’expérience des autres ? Tous ces éléments d’une si grande valeur avaient servi d’inspiration et d’appui aux musiciens de la première génération dont Justin Baransananikiye faisait partie. Mais, malheureusement, ils n’ont guère pu fasciner la soif et les goûts des musiciens de la génération actuelle qui ne comprennent toujours pas que LA PROMOTION DE LA MUSIQUE NATIONALE DOIT ETRE CONCUE ET OPEREE COMME PROGRAMME NATIONAL EGALEMENT. Nous en profitons pour faire un clin d’œil aux responsables du Ministere de la Culture. L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA a d’ores et déjà inscrit cette mission à son programme et se tient disposé pour toute collaboration.

Nous contacter:
INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
B.P.197 Gitega
Tél: 79 877 097 ou 79 942 375
Email:baransajust@gmail.com
http://www.musicologygitega.wordpress.com

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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