MARC BARENGAYABO, L’INOUBLIABLE COMPOSITEUR DE L’HYMNE NATIONAL DU BURUNDI : Un Héritage National à Restaurer et Sauvegarder.

(Photo en affiche : A GAUCHE, vue d’une partie des 70 choristes de l’ENSEMBLE POLYPHONIQUE VOCAL de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA exécutant la version rénovée de « BURUNDI BWACU » en 6 voix, sous la direction de Mgr. Justin BARANSANANIKIYE. A DROITE, Marc BARENGAYABO ).

Nous l’avons souvent oublié, ce grand homme, l’Abbé Marc BARENGAYABO, dont le chef d’œuvre artistique honore notre chère patrie, le Burundi depuis des décennies, en accompagnant dignement son histoire récente pendant les moments les plus sombres et ravivant l’espérance d’un peuple maintes fois meurtri et assoiffé de soulagement que lui apportait chaque fois : « BURUNDI BWACU, BURUNDI BUHIRE ! » Marc BARENGAYABO nous a quittés dans la nuit du 13 Mars 2013. Nous en souvenons-nous tout au moins ?
A son sujet, le site présidence.gov.bi écrivait le 02 Juillet 2012 : « Le compositeur de l’hymne national Marc Barengayabo a dirigé lundi la chorale Lumen Cantorum de l’Abbé Ruragaragaza et la fanfare militaire du camp Ngagara pour chanter l’hymne national dans le cadre des festivités marquant le cinquantenaire de l’indépendance du Burundi. C’est un désir exaucé car ce prélat et professeur de droit civil et ecclésiastique, dont la composition musicale de l’hymne national lui avait été confiée alors qu’il n’était que séminariste à Burasira, n’a pas eu la chance de le chanter le jour de l’indépendance venu. On avait préféré jouer un enregistrement alors qu’une chorale était prête. »

Et, le site fr.igihe.com d’ajouter : « …L’homme qui vient de rendre l’âme à 79 ans et qui a été inhumé vendredi 15 mars 2013 au cimetière de Mpanda était l’un de ceux connaissent la vraie histoire du Burundi indépendant. C’est fort malheureux de constater que le nom de ce docteur en droit était presque oublié depuis l’avènement de la République, à telle enseigne que le jour de la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance le 01 juillet 2012, l’Abbé Barengayabo paraissait comme un ressuscité. Avec sa chorale, il a chanté l’hymne qu’il vient de léguer aux Burundais… C’était sans doute l’homme qui allait nous être utile dans la recherche de la vérité. Une archive qui disparait en somme. Dieu a donné et a repris. »

Il l’a connu, il l’a côtoyé et a travaillé avec Marc Barengayabo lors de l’enregistrement de la première version de « BURUNDI BWACU » par une chorale accompagnée par la fanfare militaire en 1977. Il, c’est bien Athanase KARAYENGA, qui, à cette époque était Directeur général de la Radiodiffusion nationale du Burundi. Dans un échange personnel qu’il a eu au mois de novembre 2014 avec Mgr. Justin Baransananikiye, directeur de l’Institut de musicologie de Gitega, à propos d’un projet de restauration de l’Hymne national du Burundi initié par ce dernier, il déclare :
« Votre témoignage sur l’hymne national a ravivé dans ma mémoire un autre projet que je n’ai pas pu porter jusqu’au bout. J’avais approché l’Abbé Marc Barengayabo, pour lui demander s’il accepterait qu’on enregistre à la radio l’hymne national burundais en neuf voix. Car, les Barundi n’ont jamais entendu l’hymne originel en polyphonie comme Marc Barengayabo l’a composé à l’origine. Maintenant qu’il est parti, je ne sais même pas si l’État burundais, l’Église burundaise ou sa famille ont gardé les copies de cet hymne national en neuf voix. Qui pourrait jamais faire renaître ce projet ? En tout cas, s’il y avait une initiative dans ce sens, je m’y associerai bien volontiers. »
Et, apprenant aussitôt que l’Institut de Musicologie de Gitega était justement à pied d’œuvre pour restaurer « BURUNDI BWACU », Athanase Karayenga ajoutait :
« Mille mercis surtout pour l’initiative d’arranger l’hymne national en quatre voix. Je suis vraiment ravi de savoir que le public en redemande. Je me doutais bien que l’hymne joué par la fanfare militaire est très éloigné du tempo, de la force et de la fougue de l’hymne national d’origine en 9 voix de Marc Barengayabo ».

Et voilà, nous y sommes déjà. L’ENSEMBLE POLYPHONIQUE VOCAL de l’Institut de Musicologie de Gitega, sous la direction de Mgr. Justin Baransananikiye (photo en affiche), a exécuté en public les 20 décembre 2014 et 17 décembre 2015 à l’American Corner de Gitega, la version rénovée de « BURUNDI BWACU », cette fois-ci, en 6 voix. Quelle réussite ! L’assistance sur place n’en revenait pas et a réclamé que cette version soit entendue par tous les Barundi. Serions-nous prêts pour soutenir ce projet financièrement ? Les trois autres voix y seront bientôt ajoutées pour faire 9 en tout. La musique évolue, les techniques d’arrangement progressent, mais originalité RESTE. Merci, Marc BARENGAYABO pour ce legs immortel de l’Hymne national de notre chère patrie, le grand symbole de notre UNITÉ éternelle: « BURUNDI BWACU, BURUNDI BUHIRE ! »

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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