PRÉSENCE ACTIVE DE LA FEMME BURUNDAISE DANS LA MUSIQUE INSTRUMENTALE TRADITIONNELLE. (Exploit sur l’Inanga, avec Godelieve Ndereyimana)

LA MUSIQUE ‘INANGA’ N’EST PAS UN ART PRATIQUÉ PAR LES HOMMES SEULEMENT. Godelieve Ndereyimana, femme instrumentiste traditionnelle, joueuse de l’Inanga, exprime ici son amour profond pour sa patrie, le Burundi, qu’elle voudrait faire aimer aux enfants, chose qui était également dans le rôle des artistes. Godelieve le fait d’une manière parfaite en invitant cet enfant qu’elle chérit tant, à la suivre chez elle, au Burundi. Mais, une chose importante est à signaler : en effet, chez nos poètes lyriques, le nom « Burundi » ne signifie pas toujours le Burundi en tant que pays. Ce terme profond est souvent utilisé pour parler des «régions rurales où vivent nos vieux parents, en plein cœur de la culture encore intacte des Barundi », contrairement aux centres urbains modernes, caractérisés par la dépravation des mœurs et l’acculturation. Ici, c’est le cri d’une poétesse éprise d’un amour sublime pour son rugo (enclos) natal, amour qu’elle voudrait à tout prix inculquer à son enfant, à ses chers enfants, où qu’ils soient sur la terre, en leur faisant aimer la culture de leur pays. La chanson est intitulée « URAZA NKUJANE MWANA ! », « Viens que je t’emmène chez nous, mon enfant ! »

Uraza nkujane mwana, Yoohoo ! Uraza nkujane mwana, Yoohoo !
Uraza nkujane iwacu, Yoohoo !
Ngo iwacu, ngo mu Burundi, Yoohoo !
Iyo batanga mwiriwe, yoohoo ! Iyo batanga mwiriwe, yoohoo!
Kandi bahaya amajambere, yoohoo! Bagakurikiza iterambere:
Iterambere ry’Uburundi;
Uraza nkujane mwana
Yoohoo!
Ng’Uraza nkujane mwana, Yoohoo! Ng’Uraza nkujane iwacu,Yoohoo!
Ngo iwacu ngo mu Burundi, Yoohoo,
Ngw’Iyo batanga mwiriwe, yoohoo! Ngw’Iyo batanga mwiriwe, yoohoo!
Kandi bahaya amajambere, bagakurikiza iterambere:
Iterambere ry’igihugu;
Yoohoo, yoohoo!

Iyo inkumi ziteye imbere, Yoohoo! Iyo abasore bateye imbere, yoohoo!
Iyo inkumi zikobwa inyana, yoohoo! Iyo inkumi zikobwa inyana, yoohoo!
Ng’Uraza nkujane mwana, Uraza nkujane iwacu, yoohoo!
Twaroroye inka nyinshi, yoohoo! Twaroroye inka nyinshi, Yoohoo!
Ibisabo na vyo ni vyinshi, Ngo n’abakamyi ni benshi;
Ngo n’ibisabo ni vyinshi, Ngo bitereramwo abarambije,
Batarambije bakarambirwa!
Uraza nkujane mwana, Yoohoo! Yoohoo!
Uraza nkujane mwana
Yoohoo!
Ngo iwacu ngo mu Burundi, Yoohoo! Ngo iwacu ngo mu Burundi:
Iyo batanga mwiriwe, yoohoo! Ngw’Iyo batanga mwiriwe, yoohoo!
Kandi bahaya amajambere, bagakurikiza iterambere, yoohoo!
Iterambere ry’Igihugu:
Uraza nkujane mwana, Yoohoo! Ng’Uraza nkujane mwana,Yoohoo!
Ng’Uraza nkujane iwacu!

Yoohoo! Uraza nkujane iwacu, Yoohoo!
Iyo batanga mwiriwe, Iyo batanga mwiriwe,
Bagakurikiza iterambere, Ngw’Iterambere ry’Igihugu:
Ng’Uraza nkujane mwana!
Ngo abakuru muri ngaha, nkaba ndabikebanuye:
Ngo ni jewe Godeliva, Godeliva Silivana,
Silivana Ndereyimana, wa Komine ya Nyabihanga,
Porovensi Muramvya:
Uraza nkujane iwacu, Uraza nkujane mwana!

« Iyo batanga mwiriwe! ». Mais, pourquoi ce slogan « Iyo batanga mwiriwe ?». Sans doute que Godelieve voudrait souligner l’attachement fidèle des Barundi les uns aux autres, se saluant le matin par “Mwaramutse” (Vous êtes-vous bien levé ? Avez-vous bien passé la nuit ?), et le soir par « Mwiriwe » (Comment a été votre journée ?) pour s’assurer que l’autre se porte toujours bien. L’artiste avait-elle peut-être remarqué dans la société autour d’elle une apparition surprenante de manières contraires à nos bonnes mœurs traditionnelles ? Ici, quelqu’un nous fait aussi noter que « Gutanga mwiriwe » avait un sens symbolique d’accueil de l’autre, fatigué après une longue journée de travail, accueil qui était exprimé par une invitation immédiate à partager l’ ‘urwarwa’ (vin de banane) ou de l’ ‘impeke’ (bière de sorgho) autour d’une causerie fraternelle. Et ainsi les Barundi se maintenaient soudés et unis dans ce ‘yoohoo!’, expression de la beauté, de la joie, de la fierté, de la réussite!

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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