(2) … »TAMBA AMAYAYA BURUNDI », David NIKIZA dans ses Premiers Succès depuis Nairobi à la veille de son Retour au Burundi (Janvier 1978).

(2) … »TAMBA AMAYAYA BURUNDI », David NIKIZA dans ses Premiers Succès depuis Nairobi à la veille de son Retour au Burundi (Janvier 1978).

Pourquoi David NIKIZA avait-il choisi « TAMBA AMAYAYA, BURUNDI » et « SHOREZA INYANGE » comme chansons phares qui allaient accompagner son retour au Burundi en 1978 ? Dans un entretien de famille avec Justin Baransananikiye des l’arrivée au Burundi du groupe « EXPLORERS » qu’il dirigeait, NIKIZA répondit à cette question de la manière suivante :

1. « J’ai composé ces deux chansons en décembre 1977 quand les contacts avec la Radiodiffusion nationale du Burundi semblaient faire des progrès significatifs en vue de notre retour imminent au Burundi attendu début de l’année 1978 qui allait suivre. Ayant quitté mon pays depuis 1972, j’avais une profonde nostalgie de certaines images-symboles relatant les profondeurs de notre Culture : d’abord, la vache, comme symbole fort de notre vie familiale traditionnelle rurale que j’avais toujours chérie, et ensuite les chants et danses du Burundi traditionnel aussi, comme symbole artistique musical et chorégraphique d’un peuple vivant, uni, toujours heureux et plein d’un nouvel espoir à chaque levée comme à chaque coucher de soleil. Alors, pour ‘la vache’, j’ai écrit et composé ‘SHOREZA INYANGE’, et pour faire chanter et danser mon peuple que j’allais retrouver, j’ai accouché ‘ TAMBA AMAYAYA’. Ayant vécu à Kigali de 1972 à 1974, mon expression s’est retrouvée beaucoup influencée par la langue du pays hôte qui m’avait fraternellement accueilli à cette époque difficile. »

2. « J’ai voulu aussi partager avec mes frères musiciens du Burundi (surtout ceux de l’orchestre national dont je venais d’apprendre la création depuis l’an dernier) des nouveautés de mes trouvailles dans le travail que j’ai entrepris à Nairobi pour la promotion de la Musique Burundaise. Nairobi, est la métropole de tous les rythmes et styles musicaux internationaux. Là-bas, moi, Africanova et Tanga, nous sentions engloutis, presque effacés par ces musiques internationales, car la musique burundaise n’y a pas de place. Alors, dès que ‘SHOREZA INYANGE’ et ‘TAMBA AMAYAYA’ sont nées avec leur rythme dynamique et entraînant, les boîtes de nuit de Nairobi ont tourné leurs regards vers nous comme groupe professionnel ayant une originalité qui pouvait leur attirer des clients. Tu comprends l’enjeu, Justin, le monde musical est toujours à la recherche d’innovations. Je souhaite que vous de l’orchestre national, vous puissiez apprendre de notre expérience et produire des chansons originales burundaises consistantes qui pourront attirer les producteurs internationaux à venir vous chercher. C’est ça la promotion professionnelle de la musique. Si votre Ministère pouvait l’accepter, nous pourrions combiner nos recherches pour la promotion de la musique du Burundi !» ‘TAMBA AMAYAYA’, ou ‘le Burundi, terre d’une unique beauté’.

TAMBA AMAYAYA BURUNDI

REFRAIN:
Vyina amayaya, Burundi, hobe!
Tamba amayaya, uraberewe, hobe!
Vyina amayaya, wa ntore, hobe!
Tamba amayaya, uri mwiza, hobe!

1. Ntiza agahogo, ntere, ndirimbe, Burundi;
Nkubitire i Muyinga, ndamutse intore, huuum;
Ngere i Makamba, ntambe agasimbo, Burundi;
Mbone i Gitega, niyereke intore, koko!
Gira ubukeye kugenda kuraba Uburundi:
Nayo uruhanga rubereye inkende.
Ubwiza bwawe ni iragi rya twese Abarundi
Ahari ubutore, hatorwe n’intore, koko
R/………….

1. Ehe ibiyaya n’imisozi iteye igomwe,
Ehe ikibira c’ibiti bituma namba,
Ibiyaga vyinshi bikundwa n’inyoni nziza,
Iyakuremye yarakwitondeye, n’ukuri:
Bubanza hose bayaga Uburundi, n’intambo
Bujumbura na ho bashemeza Uburundi cane
Bururi ni uko, bavuga uburundi, me, me!
Gitega yose bavyina Uburundi, bagenzi.
R/………….

Burundi uri mwiza, Burundi uri intore,
Urahimbawe, Usa n’ukwezi.
Ngwino, ngwino, Ngwino, ngwino:
Vyina amayaya!

Muramvya hose bakunda Uburundi : n’impamo,
Muyinga na ho bashemeza Uburundi cane;
Ngozi, Rutana, bavuga Uburundi, me, me!
Abarundi twese dukome mu mashi, bagenzi!
R/………….

C’était un honneur et un privilège pour le Burundi d’avoir, à cette époque-là un groupe musical professionnel jouissant d’une notoriété internationale. David NIKIZA l’a bien souligné : « John Kagenda, le bassiste des ‘EXPLORERS’ que j’ai amené est actuellement (en 1977-1978) reconnu comme le meilleur bassiste professionnel du Kenya, tandis que Super wa Super bat tous les scores comme meilleur batteur à Nairobi. Je ne pouvais faire autrement devant la montée des grandes vedettes Kenyanes comme Slim Ali qui est même adoré ici au Burundi ! ». Et, dans son livre De l’Inanga à la Guitare Classique-une Histoire de la naissance de la Musique Burundaise moderne, Mgr Justin confirme les déclarations de NIKIZA : « Avec David Nikiza, les styles de jeu de la guitare changeaient obligatoirement chez tous les musiciens Burundais ; les orchestres existants revoyaient leur travail passé et retouchaient les imperfections dont ils s’accusaient après avoir écouté les œuvres de Nikiza. Bien plus, les mélomanes, de leur coté devenaient plus exigeants et n’acceptaient plus que nos groupes chantent et jouent de la guitare n’importe comment. En effet, un nouveau thermomètre musical venait d’entrer dans le pays, en la personne de David Nikiza et son groupe ‘ Explorers’ (pages 75-76).

Publicités

Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s