AGACACA KARANTEZE : Sidonie NZEYIMANA, Le vent musical traditionnel du Nord réveille le Burundi entier !

AGACACA KARANTEZE : Sidonie NZEYIMANA, Le vent musical traditionnel du Nord réveille le Burundi entier !

(En affiche : Sidonie NZEYIMANA à gauche avec
l’orchestre national en 1978)

« AGACACA KARANTEZE » est un autre chef d’œuvre signé du génie d’auteur-compositeur-interprète de Sidonie Nzeyimana que nous lui reconnaissons dans d’autres titres comme « INGERI WE ! », « TURI IMBANZA GUSERUKA », etc. Faisant partie du tout premier groupe de jeunes filles qui ont été intégrées au sein de l’Orchestre national en Septembre 1977, Sidonie, en plus de ses talents personnels de chanteuse traditionnelle innovatrice, représente l’art du chant populaire de toute la zone Nord du Burundi comprenant le Buyenzi, le Bugesera et le Busoni (qui n’est pas bien sûr une région reconnue comme telle mais qui s’impose au niveau de l’art des chants poétiques féminins, de la danse des Intore et autres).

Lors de l’enregistrement de « AGACACA KARANTEZE », Sidonie nous avait dit que cette chanson était inspirée d’une visite d’un jeune homme à une jeune fille dont il voulait demander la main; cette dernière lui livre alors un message profond commençant d’abord par une peinture très simple du Burundi où ils vivront ensemble (sous-entendu dans le terme ‘Umugambwe’ qui ne signifie pas absolument ‘Parti politique’, mais plutôt ‘Grande Famille nationale’ dans laquelle toutes les familles, tout le peuple sont rassemblés et unis. Le Burundi égal ‘travail’ et non pas paresse, insiste-t-elle. Je suis une fille travailleuse et je le resterai toute ma vie durant. Devant son amant, elle vante son rôle de femme-mère portant toujours un bébé au dos, femme féconde et non stérile, symbole d’un Burundi également fécond qui aura toujours des fils et filles sur qui compter. Une jeune fille, très laborieuse dès son jeune âge dans le ‘Rugo’ chez ses parents, est seule digne d’être épousée et non les paresseuses: « Niwankumbura uzoza ! » (Tu m’as vue au travail, alors, quand tu auras pris la décision et que tu auras le nécessaire pour notre futur foyer, reviens me chercher si tu as besoin d’une épouse laborieuse!) Ici, la ceinture du jeune homme symbolisant ce lien dans un amour fidèle qui les unira pour toujours. Ainsi, toi et moi, conclut la jeune fille, pourrons ensemble pourvoir aux besoins de nos vieux parents (ibutura n’ubureta-culotte et couverture pour ‘papa’ notamment). ‘Wogenda, niwankumbura uzoza !’ (Quand tu partiras, reviens, je t’attends avec un ‘Aiyego, ma’ ! (un ‘Oui !’).

AGACACA KARANTEZE

1. Agacaca karanteze, Aiyego, ma !
Ndagaruka, ndagatema, Aiyego, ma !
Ndagashira uwakanteze, Aiyego, ma !
Abahungu baranseka, Aiyego, ma !
Abakobwa baransama, Aiyego, ma !

Ikibera umugambwe :
Aiyego, mama, ni ibikorwa vy’Abarundi,
Aiyego, ma !
Ikibera Umuvyeyi :
Aiyego, mama, ni ikibondo i mugongo,
Aiyego, ma!

2. Agacaca karanteze, Aiyego, ma !
Ndagaruka, ndagatema, Aiyego, ma !
Ndagashira uwakanteze, Aiyego, ma !
Abahungu baranseka, Aiyego, ma !
Abakobwa baransama, Aiyego, ma !

Ikibera umurondo :
Aiyego, mama, ni ibikorwa vyo mu nzu,
Aiyego, ma !
Nagasaga :
Aiyego, mama niwankumbura uzoza,
Aiyego, ma !

3. Agacaca karanteze, Aiyego, ma !
Ndagaruka, ndagatema, Aiyego, ma !
Ndagashira uwakanteze, Aiyego, ma !
Abahungu baranseka, Aiyego, ma !
Abakobwa baransama, Aiyego, ma !

Ikibera umusore :
Aiyego, mama, ni agasipi ko mu nda,
Aiyego, ma !
Ikibera umutama :
Aiyego, ni ibutura n’ubureta,
Aiyego, ma !

4. Agacaca karanteze, Aiyego, ma !
Ndagaruka, ndagatema, Aiyego, ma !
Ndagashira uwakanteze, Aiyego, ma !
Abahungu baranseka, Aiyego, ma !
Abakobwa baransama, Aiyego, ma !

Nagasaga :
Aiyego, mama, niwankumbura, uzoza,
Aiyego, ma !
Wogenda :
Niwankumbura, uzoza,
Aiyego, ma !

Alors, c’est quoi justement ce « AGACACA KARANTEZE » ? Eh, bien, rien d’autre que l’ ‘Amour’ au sens le plus profond du terme. L’ ‘Agacaca’ est une herbe qui pousse dans nos campagnes. Les enfants l’emploient souvent pour dresser un piège en liant deux herbes d’ ‘Agacaca’ et quiconque y passe, tombe par terre. Sous un langage symbolique de la sagesse burundaise, Sidonie chante ‘Agacaca’ pour dire que la jeune fille est tombée amoureuse aussi, parce qu’elle arrache l’ ‘Agacaca’ et la ramène chez celui qui l’a piégée pour lui dire ‘OUI’. Ainsi naît le dialogue décisif final.

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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