« NTUKAMWINYEGEZE » : Antoine-Marie RUGERINYANGE, (alias AFRICANOVA) Bras droit de David NIKIZA dans l’Orchestre AMABANO.

« NTUKAMWINYEGEZE » : Antoine-Marie RUGERINYANGE,
(alias AFRICANOVA)
Bras droit de David NIKIZA dans l’Orchestre AMABANO.

C’est lui, Africanova, qui prend la relève comme chef d’orchestre remplaçant Nikiza David expulsé de l’Orchestre AMABANO en 1978 ; c’est lui qui dirigera ce groupe dans le voyage d’Amsterdam pour recevoir et ramener en terre natale le glorieux trophée du CONCOURS DU MOULIN D’OR organisé par Radio Nederland sous la supervision de la star africaine, Manu Dibango. Mais, c’est également lui qui, désirant à tout prix maintenir les AMABANO à la tête du palmarès national des orchestres, prend l’initiative de réorganiser ce groupe prestigieux en recrutant le talentueux Canjo Amissi ainsi que deux anciennes chanteuses de l’Orchestre National (Goreth Habonimana et Chantal Niyibizi) dont nous gardons un profond souvenir dans la chanson « Muvyeyi wamvyaye, eka sinzokwibagira ». Le parcours artistique d’Africanova se confond presque avec celui de David Nikiza avec qui il a vécu la longue odyssée de Bujumbura – Kigali – Nairobi – Bujumbura de 1972 à 1977, portant ainsi, lui aussi, les étalons des grands héros de la Musique Burundaise moderne, sous le leadership dynamique d’Athanase Karayenga, alors directeur général de la Radiodiffusion nationale du Burundi, initiateur du projet ‘AMABANO’.

A propos de l’auteur-Compositeur-Interprète de « Nyabuna nyumviriza », « Munzanire », « Yarantumye umwe utayobewe », « Garuka, garuka, Kanyange », Ntukamwinyegeze » ou « Iyizire ma ! », etc, IWACU MAGAZINE, No.8, Juillet 2012, écrit :
« …La musique ne l’intéresse que quand il entre à l’Ecole moyenne pédagogique de Musenyi où il chante dans une chorale dirigée par des religieux Belges : ‘C’était Frère Gustave et Frère Rémy qui jouaient à l’harmonium’, se souvient Africanova. Son amour pour les claviers date de cette époque bien qu’il joue de la guitare… Il découvre pour la première fois un orchestre quand il est élève à l’Ecole normale de Gitega. C’est le groupe ‘Amis Jazz’ qui ne jouait que de la musique congolaise dans une boîte de nuit de la place. Nous sommes en 1968 ».

Et qu’en est-il de « NTUKAMWINYEGEZE », son œuvre phare en affiche ?

NTUKAMWINYEGEZE

Kayi, ntukamwinyegeze harya
Aba aje kukuraba, hewe,
Ngo na we akumenye !
Iyo umurabutswe,
Uca ucika ivutu, hewe,
Nk’uwubonye igisizimwe, ntusokoroka !
Ivyo umwikekako vyose
Ni ibisanzwe, birazwi :
Ntazoguhemukira, hewe, umuhora ubusa !

Kayi, ntukamwinyegeze harya
Aba aje kukuraba, hewe,
Ngo nawe akumenye !
Iyo uba uwundi,
Womuretse akakwegera,
Akakubwira ikimuzanye,
Nawe ukamuremesha!
Ivyo umwikekako vyose
Ni ibisanzwe birazwi :
Ntazoguhemukira, hewe, umuhora ubusa!

Ari mu kwicwa n’intuntu,
Aribaza aho azokubonera;
Umutima ukanka, yoooh !
Ugukunda utagukunda,
Urazi ingene bibabaza,
Ukumva biranse yoooh!
Ukumva biranse, biranse

Kayiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Ni wewe yakunze
Iyo umurabutswe,
Uca ucika ivutu, hewe,
Nk’uwubonye igisizimwe, ntusokoroka!
Ivyo umwikekako vyose,
Ni ibisanzwe, birazwi:
Ntazoguhemukira, hewe, umuhora ubusa!

Composée en 1978, la chanson NTUKAMWINYEGEZE » est tombée dans les oreilles des mélomanes de Bujumbura, perçant les cœurs des amoureux avec une douceur d’un vent de crépuscule, et entraînant tous les jeunes à s’en inspirer dans les souhaits qu’ils échangeaient quotidiennement lors des visites amicales du soir. Le solo introductif joué de manière fantastique par Antoine Ntiruhwama (alias Tanga, frère de Kha Djanin), unique en son genre, allait désormais retentir dans toutes les mémoires et sur les lèvres qui le répétaient au fil des journées sous le soleil chaud de la capitale Bujumbura. Etait-ce une histoire vraie vécue chantée par Africanova ? Il ne nous l’a jamais dit. Mais d’autres en ont fait la leur. Lors de son enregistrement, Antoine-Marie Rugerinyange, qui chante en solo, jouait en même temps du synthétiseur. La guitare basse était sous les commandes du Kenyan John Kagenda, l’accompagnement aux mains de canjo Amissi et à la batterie, bien sûr, l’incontestable batteur Kenyan, Super wa Super.

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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