« IYIZIRE, MA ! » : AFRICANOVA Réveille tout le Burundi dans un nouveau rythme !

« IYIZIRE, MA ! » : AFRICANOVA Réveille tout le Burundi
dans un nouveau rythme !

Au début des années 80, Africanova, qui avait déjà bien pris en mains ses nouvelles responsabilités de chef de l’Orchestre AMABANO rénové, se montre confiant en ses propres talents en composant ce tube « IYIZIRE, MA ! » qui met toute la capitale Bujumbura en mouvement. Les mélomanes qui avaient pleuré le départ précipité de David Nikiza de ce groupe, sont consolés et le Burundi entier ne tarde pas à se réveiller et à suivre le nouveau rythme des AMABANO en acclamant un grand Africanova qui faisait renaître leur confiance dans l’orchestre de la radiodiffusion nationale du Burundi. Béni était tout animateur qui jouait ce morceau dans ses émissions !

La musique burundaise faisait petit à petit son chemin, peu importe les circonstances difficiles, politiques ou économiques, qui lui mettaient les bâtons dans les roues. Les investisseurs dans le domaine de la musique ne se réveillaient pas encore pour y mettre leur argent comme cela se passe aujourd’hui à la moindre montée d’un nouvel artiste. C’était pourtant le moment propice où ils auraient pu donner un punch aux grands pionniers qui ont forgé les fondements de notre musique. Nous avions toutefois confiance, tous, que la nouvelle génération quant à elle, allait bien saisir l’occasion pour s’accorder au nouveau diapason des grands noms comme Nikiza David,  Canjo Amissi, et tous les autres qui nous ont quittés portant sur leurs doux visages les marques des cicatrices de la lutte pour la promotion de la musique burundaise moderne.

IYIZIRE MA !

Nari maze imisi nkubona se ntuze ;
Nari maze imisi nkwitegereza ;
Kugeza aho nsanga bidashoboka,
Ko nguma ninumiye, kandi ngukunda.
Umve rero nguhishuke icipfuzo
Kindutira vyose mu ubuzima bwanje :

Iyizire ma ! Iyizire ma !

Ntukaje ku mohe y‘abakubesha ;
Ntukaje ku mohe y‘abangushi ;
Baguhenda na bo, ngo baragukunda,
Kandi bashaka kuguta mu rudubi.
Niwiyankire, uze unyumvirize,
Nkubwire irivuye ku mutima wanje :

Iyizire ma ! Iyizire ma !

Ukwubaka si ikintu coroshe,
Mu bandi bose, ni we gusa nagomwe ;
Nasanze duhuje ivyiyumviro,
Biranga ubuzima bw’ubu.
Ushaka umubano w’iteka
Ku bemeye gusangira vyose,
Amahirwe, amagorwa,
Gusangira akabisi n’agahiye !

Ukwubaka usanga bishemeye,
Iyo mukundana mudahemana.
Birabereye, biranezereye, birahimbaye,
Kubera indero nziza irashe ya kivyeyi,
Muzoha ibibondo muzokwibaruka.
Ico ni co nagomba ngo utegere:
Ninaza iwanyu uzomenye ikinzanye!

Ntuzobura abakuja mu matwi,
Baguhanura ibitaja ntibize.
Nanje, ndazi ko ntazobura abagenzi,
Na bo bazogerageza kukunyankisha.
Uragumya ibanga, sinzogushira mu kaga,
Nyegera se mwizero yanje:
Iyizire ma ! Iyizire ma !

Un petit « entre nous » que nous, musiciens pionniers de la Musique burundaise moderne pourrions partager aujourd’hui avec la nouvelle génération qui n’a toujours pas compris notre vision : « A l’époque de ces années de gloire que nous connaissions avec nos célèbres chansons, saviez-vous que nous étions UNIS POUR UNE SEULE ET MÊME CAUSE DE PROMOTION DE LA MUSIQUE DE NOTRE PAYS ? En effet, quand nous terminions nos répétitions assez tôt le soir, nous nous retrouvions souvent, les AMABANO et l’ORCHESTRE NATIONAL, quelque part au quartier asiatique chez Maman X qui faisait une excellente cuisine, pour partager un verre, une grillade et échanger des blagues. Là, on se disait tout. Tout, c’est- à -dire aussi nos défaillances artistiques, nos réussites, mais aussi, nos regrets de ne pas pouvoir fusionner et devenir UN SEUL ET MÊME ORCHESTRE qui aurait pu inscrire plus d’exploits que ceux que nous avons laissés derrière nous. La preuve, c’est qu’après que David Nikiza eut été refoulé de l’Orchestre AMABANO, un autre groupe musical sans moyens malheureusement naissait, où se retrouvaient ensemble des recrues des deux grands orchestres ».

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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