LES BONNES MŒURS TRADITIONNELLES DU BURUNDI ENSEIGNÉES ET PERPÉTUÉES A TRAVERS LA MUSIQUE

LES BONNES MŒURS TRADITIONNELLES DU BURUNDI
  ENSEIGNÉES ET PERPÉTUÉES A TRAVERS LA MUSIQUE

Au moment où les musiciens burundais modernes peinent, cherchant au hasard à gauche et à droite des thèmes sans fondement moral ni utilité sociale à chanter, les musiciens traditionnels du Burundi ancien, eux, savaient d’avance quel était leur rôle et leur mission en tant qu’acteurs appelés à édifier la société et à l’éduquer. Il semblerait que ceux qui avaient déjà eu la chance d’entrer à la cour royale à Muramvya pour y être récompensés par sa Majesté le Mwami du Burundi, en revenaient animés d’un sentiment de haut patriotisme qui les rendait désormais prêts à tout sacrifice pour le Royaume. Il est dit que tous ces musiciens qui avaient vu le « Mwami » face à face à la cour, et bu de l’eau sacrée de la cour, étaient par la suite envoyés secrètement dans les régions connues comme dissidentes, non pas pour y espionner, mais plutôt pour y passer des mois en tournées discrètes chantant dans les campagnes et dans les familles des messages qui rappelaient au peuple les grandes valeurs traditionnelles d’Ubuntu afin de rebâtir autour du Mwami du Burundi l’unité nationale qui était menacée.

« Reconnaître publiquement les bienfaits du roi ou des princes », était notamment un slogan chanté par ces artistes pour deux raisons essentielles : d’abord, pour proclamer devant le peuple que la famille royale l’aimait et se souciait de lui dans toutes les circonstances de la vie. Ensuite, pour effacer toutes rumeurs de médisance qui pouvaient se répandre contre le pouvoir royal dans le pays. Ainsi est également offert au prince Karibwami cet éloge sur l’Inanga en reconnaissance pour le don d’une vache-mère accordée à cet artiste.

Karibwami naramubonye, Karibwami naramubonye,
Karibwami naramubonye,
Ego Karibwami, we! Ego Karibwami, we!
Karibwami naramubonye,
Ari n’ico amarira intore, Ari n’ico amarira intore;
Ari n’ico amarira abandi, Ari n’ico amarira abandi,
Ari n’ico amarira abandi :Ego, Karibwami,
Yooooh !

Ngo, Urakaza, Karibwami, Urakaza, warariboye,
Urakaza, warariboye, Urakaza warariboye.
Waraje ruraguma, Ngo waraje ruraguma,
Waraje ruraguma.
Warahekeye abavyeyi, Warahekeye abavyeyi:
Ngo ibibondo birarama, Ngo impundu zirayaga,
Ngo impundu zirayaga.
Urakaza Biziringanzu, Urakaza, ga Tiro ry’inka:
Yooooh ! Yooooh! Yooooh!
Yooooh ! Yooooh! Yooooh!

Ngo Urakaza, warariboye, Urakaza, ntiwaje nabi,
Urakaza, ngo waje neza.
Waraje ruraguma, Waraje ruraguma,
Waraje ruraguma.
Warahekeye, ngo abavyeyi, Ngo abavyeyi, ngo baraheka:
Yooooh ! Yooooh! Yooooh! Yoooooooooh !

Urakaza Biziringanzu, Urakaza, Dawe w’inka,
Urakaza, Dawe w’inka, Urakaza, Dawe w’inka,
Urakaza, Dawe w’inka.
Waraje ruraguma, Ngo, waraje ruraguma;
Warahekeye, ngo abavyeyi, Ngo, abavyeyi, ngo baraheka.
Tiro ry’inka, Tiro ry’inka, Urakaza, ga Tiro ry’inka,
Urakaza, ga Tiro ry’inka, Urakaza, Tiro ry’inka:
Yooooh ! Yooooh! Yooooh!

Ese, se, uwo musi, Jewe, uwo musi,
Umusi inka zigishoka, Umusi inka zigishoka,
Je, naratamvye ndatarika, Naratamvye ndatarika,
Naratamvye ndatarika:
Yooooh! Yooooh!
Yego, nda ya mama, Yego, nda ya mama,
Yooooh, yooooh ! Yooooh, yooooh !

« Ari n’ico amarira intore, amarira abandi » (Le prince Karibwami est utile à la société). « Waraje ruraguma », warahekeye abavyeyi » (Grâce à vous, Prince, Karibwami, les foyers tiennent debout, les mères portent leurs bébés nourris du lait de la vache-mère reçue de vous !). «Urakaza, ga Tiro ry’inka… Urakaza, Dawe w’inka » (Bienvenue, Prince Karibwami, douce paix qui repose sur nous durant les nuits ; bienvenue, Prince, Karibwami, donneur de vaches). « Naratamvye, ndatarika », (j’ai dansé de toute mon énergie en votre honneur, Prince, Karibwami !).
Oui, la vache est symbole de toute la richesse dans le Burundi traditionnel. Par son lait, elle donne aux nourrissons de grandir. Mais elle donne aussi de la fumure à notre terre, à nos champs, et nous pouvons récolter et remplir nos greniers. La vache, oui, la vache, c’est la stabilité de nos familles.

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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