Augustin NDIRABIKA, l’Unificateur, dans « SANGIRA AKABISI N’AGAHIYE », avec le premier orchestre national du Burundi.

Augustin NDIRABIKA, l’Unificateur, dans « SANGIRA AKABISI N’AGAHIYE », avec le premier orchestre national du Burundi.

(En affiche, Augustin NDIRABIKA, également assis
dans la photo d’ensemble du Premier orchestre national du
Burundi, prise le 1er Juillet 1977 lors de sa toute première sortie).

Certains ont attribué et attribuent toujours par erreur la paternité de cette chanson soit à Kirundo Gérard ou à Ngabo Léonce. « Mais, la vérité est que ‘SANGIRA AKABISI N’AGAHIYE’ que nous intitulions ‘UBUMWE’ à l’époque où nous la chantions au sein de l’Orchestre National (1977-1979 ) est bel et bien une œuvre signée NDIRABIKA Augustin, fondateur du célèbre groupe AKEZAMUTIMA à Bwiza en 1973-1974, dont faisaient partie Adolphe Bigirimana, Kirundo Gérard et le batteur Evariste Niyonzima. AKEZAMUTIMA fut l’ancêtre direct du premier orchestre national du Burundi fondé en 1977 par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture », précise Mgr. Justin Baransananikiye qui le dirigeait.

« C’est, en effet, l’orchestre ‘Akezamutima’ qui devient le premier, en tant que groupe musical Burundais constitué et organisé par un responsable politique, à commencer à produire les premières œuvres musicales véritables de style typiquement Burundais. Ndirabika apparaît réellement comme étant celui qui prend le bâton de relais pour continuer l’œuvre commencée par Shungura Pancrace et Ndenzako Michel dans la forme et dans le fond. L’apport important de Ndirabika est qu’il s’entoure d’un groupe auquel il transmet la vision de s’atteler profondément et exclusivement à avancer l’Art musical Burundais. C’est pourquoi, dans sa stratégie, nous le voyons tirer ses leçons de ses prédécesseurs en se manifestant par un appui fort de la poésie Kirundi comme ces derniers l’avaient fait. A l’époque des faits, vers fin 1973, Ndirabika était Commissaire National aux Pionniers de la Jeunesse Révolutionnaire Rwagasore au Bureau Central de l’Uprona, unique Parti politique au Burundi, et Secrétaire aux Affaires Culturelles dans la Mairie de Bujumbura. Il avait fait le Noviciat de Mutumba où, comme il se doit, il avait appris avec soin le Solfège. Sa voix ténor était précise, douce, mais bien sûr imprégnée du style de la musique Grégorienne dans laquelle il avait été éduqué », écrit Mgr. Justin dans son ouvrage « De l’Inanga à la Guitare Classique, une Histoire de la naissance de la Musique burundaise moderne ».

SANGIRA AKABISI N’AGAHIYE

1. Sangira akabisi n’agahiye, bavandimwe,
Twonse rimwe, Barundi, turi bamwe.
Turi ab’umwe, bene mama, turi bamwe!
Gumya ubumwe, se ncuti, ni ryo teka,
Ni bwo buntu, Barundi, twamanye !

REFRAIN
Gateranya Abarundi atarashika,
Ibibondo vy’Uburundi vyarigina.
Bikigina ngo abavyeyi bahimbarwe,
Mu babanyi, umubano ntiworavye!
Basangira ibikorwa n’imiruho,
Basangira ubuhirwe n’amarira!
Basangira ibikorwa n’imiruho,
Basangira ubuhirwe n’amarira!

2. Muri vyose, Barundi, ni ishirahamwe,
Nta rubibe mu Burundi bw’Abarundi :
Ba sokuru, Barundi, bari abagabo!
Nta macakubiri yavugwa mu Burundi,
Nta miryango, nta mitumba yavugwa:
Bari bamwe mu Burundi bw’amahoro!

REFRAIN.

Au groupe AKEZAMUTIMA, « NDIRABIKA voulait donner une vocation de devenir un instrument de sensibilisation et de mobilisation populaire aux côtés de la fanfare de la Jeunesse Révolutionnaire Rwagasore qui, elle, existait déjà à Kamenge sous la direction dynamique du saxophoniste Mubembe Gaspard assisté d’un Congolais trompettiste de talent du nom de Benoît dont tout le monde acclamait la maîtrise de cet instrument lors des grands défilés officiels», poursuit Mgr. Justin.

Poète, musicien, cadre politique, responsable de l’éducation patriotique de la Jeunesse burundaise à son époque, Augustin NDIRABIKA avait bien compris que sa grande et noble mission était de tout faire pour rebâtir un Burundi uni, soudé et inébranlable autour des principes traditionnels sacrés d’UNITE et de COHABITATION PACIFIQUE qui ont toujours marqué notre peuple : « SANGIRA AKABISI N’AGAHIYE, BARUNDI, TURI BAMWE » (Partageons tout, chers Burundais, nous sommes tous frères et sœurs !). L’éminent professeur-Historien et écrivain Emile MWOROHA, alors Ministre de la jeunesse, des Sports et de la Culture lors de la fondation de l’Orchestre national en 1977, adorait tellement cette chanson et demandait chaque fois qu’elle fasse partie du répertoire de l’Orchestre dans toutes ses prestations (soirées dansantes et concerts). « SANGIRA AKABISI N’AGAHIYE », c’est aussi un grand message pour le Burundi d’aujourd’hui !

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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