« URUKUNDO NI INTAGERWA » ou « Les vertus d’un Amour sublime : Justin BARANSANANIKIYE, avec Le premier Orchestre National de Burundi, 1978.

‘« URUKUNDO NI INTAGERWA » ou « Les vertus d’un
Amour sublime : Justin BARANSANANIKIYE, avec
Le premier Orchestre National de Burundi, 1978.

(En affiche: Rose Twagirayezu et Chantal Niyibizi, qui faisaient partie du chœur des jeunes filles et Jean-Pierre Misago, nouveau bassiste qui venait d’être recruté par l’Orchestre national).

L’histoire de ‘URUKUNDO NI INTAGERWA’ est très simple. Un homme de loi de Bujumbura (très respecté) loue l’Orchestre national pour animer la soirée dansante qu’il organise à l’ occasion de son mariage le 24 décembre 1978, au réveillon de Noël. « Nous en sommes avisés par la direction des Arts et de la Culture seulement deux semaines avant », indique Mgr. Justin Baransananikiye, auteur-compositeur et interprète de la chanson et chef de l’orchestre national à l’époque. « Il fallait travailler vite et bien, mais surtout écrire et composer la ‘chanson-cadeau’ du jour qui devait s’ajouter au long répertoire des 120 autres qui allaient agrémenter la soirée », précise-t-il encore.

RÉDACTION : Et comment y êtes-vous arrivés en si peu de temps ?
Mgr. JUSTIN : La réputation de l’Orchestre national à peine créé en 1977 était en jeu. Canjo venait de rentrer à l’université en septembre de la même année. Il aurait beaucoup aidé. C’était une épreuve comparable à celle des tirs au but. Fort heureusement, j’ai pu, en quatre jours seulement accoucher les paroles et, bien sûr, la mélodie douce qui y est adaptée.

URUKUNDO NI INTAGERWA

Urukundo ni intagerwa,
Urukundo ni agahore.
Ni urubeya rutayogeza,
Urukundo ni intagerwa !
Ni igitandara, ni urutare,
N’igihuhusi kitokakaza.
Ni rwo ntango n’iherezo,
Ni rwo rupfu rw’ibiremwa !

R/ Ni iremesho ry’abihebuye
Ni rwo ndava yabavukanyi:
Urukundo !
Ni rwo shurwe rishariza irembo,
Urukundo, urukundo, ni intagerwa

Iyo ruva sinohamenya,
Iyo ruja sinohavuga:
Ico nzi, co, ntiruhemuka,
Ni rwo kabanga k’abato n’abakuze.
Rurubaka, rukagumya,
Ni rwo nkingi mu buzima,
Ni rwo tunga, nirwo bumwe,
Ni rwo kiyago c’abubatse
R/……….

Ntirukangwa, ntirunatinya,
Igikonyozi n’amakira,
Canke urugamba iyo rukamvye,
Ni rwo mugenzi ku rugendo.
Ruzindura uwuja ku kivi,
Na serugo ntagoheke namba,
Ni ingabirano irengeye izindi:
Urukundo ni amahoro.

RÉDACTION: Un texte d’un tel calibre poétique ‘Kirundi’ n’est pas tombé gratuitement du ciel, n’est-ce pas ! Auriez-vous eu des appuis linguistiques quelconques ?

Mgr. JUSTIN : absolument. Je ne manquerai pas d’exprimer ici, une fois de plus, toute ma gratitude à Adolphe NTIBASHARIRA, mon collègue au département des Arts et de la Culture qui était chargé du service ‘Théâtre’ à cette époque. C’est lui qui notamment a corrigé mon texte et m’a donné le terme plus lourd ‘AMAKIRA’ (très forte pluie) pour remplacer ‘IMVURA’ (pluie ordinaire) que j’avais utilisé. Comme je vantais les vertus d’un amour sublime, il a jugé plus correct que je le montre agissant dans les conditions les plus dures.

RÉDACTION : Et du côté de l’orchestration ?

Mgr. JUSTIN : Malheureusement, après cette prestation tellement appréciée par un public nombreux qui s’était joint à nous pour la soirée dans la salle du restaurant de l’ancien aéroport de Bujumbura, Buddy, Adolphe et Kirundo ont quitté l’orchestre avant l’enregistrement de la chanson. La nouvelle équipe restante s’est mise vite à l’œuvre et l’enregistrement à la radiodiffusion nationale du Burundi eut finalement lieu et fut signé Aloys Ndahigeze, à la guitare solo, Bernard Ntahombaye à la guitare basse et Kamanzi Maurice à la batterie. Le nouveau bassiste, Jean-Pierre Misago que l’on venait fraîchement de recruter n’a pas participé à l’enregistrement.

RÉDACTION : Et pourquoi pas un accompagnateur à la guitare ?

Mgr. JUSTIN : Non. J’ai préféré un accompagnement aux claviers que j’ai joués moi-même.

RÉDACTION : Et au chant ?

Mgr. JUSTIN : On a chanté en duo, moi au soprano avec Emmanuel Sindayigaya à l’alto, ainsi que le chœur des jeunes filles, Rose Twagirayezu, Chantal Niyibizi et Sidonie Nzeyimana, qui répondaient au refrain.

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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