Il a encore chanté : « HORA, IHORERE MAMA ! » CANJO Amissi, avec l’Orchestre ‘AMABANO’

Il a encore chanté : « HORA, IHORERE MAMA ! »
CANJO Amissi, avec l’Orchestre ‘AMABANO’
de la radiodiffusion nationale du Burundi, 1980.

Musicien-Poète au talent inépuisable sur sa guitare, mais aussi chanteur au talent vocal unique, véritable voix d’homme serein qu’aucun autre chanteur Burundais n’a su imiter jusqu’à ce jour, Canjo Amissi, qui vient d’être recruté par l’Orchestre AMABANO de la Radiodiffusion du Burundi en 1978 comme remplaçant de David Nikiza évincé, est sûrement monté sur le podium comme le renfort sûr dont Africanova avait besoin en ces moments difficiles de l’histoire des AMABANO où le groupe commençait à se disloquer. Il fait son entrée dans ce célèbre groupe avec trois grands hits qu’il enregistre et qui sont particulièrement aimés du public burundais : « Ewe Burundi ngira ndakuririmbe », « Mbega mukobwa ko ugenda vyanka » et « Hora, Mwiza wanje ». Mais, Il arrive également comme guitariste-tempête capable de jouer tous les rôles, bassiste, accompagnateur ou soliste dans toutes sortes de chansons. « Quel génie il était ce jeune homme ! », écrit Mgr. Justin Baransananikiye, son ancien collègue à l’Orchestre national, dans son ouvrage « De l’Inanga à la Guitare Classique, une Histoire de la naissance de la Musique burundaise Moderne ». Le voici dans,

HORA MWIZA WANJE

Hora, ihorere mama, hora mwiza wanje
Hora, nguhendahende, ndaguhoze rirenge
Hora, se ncuti yanje.

Hora gashitsi k’Imana, Iyakumpaye Irakubona
Uri na so na sowanyu, hora nzokujana iwacu (2x)
Hora, se mwiza wanje, hora se ncuti yanje.

Hora, nkima y’Umugamba, yikima ntibatere ;
Hora, kanyana k’i Burundi, kigina bagacura (2x)
Hora, se mwiza wanje, hora se ncuti yanje.

Waje Imana icanye, Iyindi iteze ibiganza
Ntiwanyirije ku zuba, Waje ukwezi kwaka ! (2x)
Hora, se mwiza wanje, hora se ncuti yanje.

Hora, ihorere mama, hora mwiza wanje
Hora nguhendahende, ndaguhoze rirenge
Hora, se ncuti yanje

La particularité de Canjo, c’est qu’il apparaissait toujours comme grand poète innovant dans chacune de ses chansons. « Je me souviens qu’il me disait toujours qu’il voulait nous enseigner, à nous jeunes musiciens de la capitale qui bafouions sa langue maternelle, comment ressortir sa beauté et la chanter avec dignité en l’entourant du costume de respect que nos ancêtres lui ont donné », précise encore Mgr. Justin.

Dans « NTACICA NK’IRUNGU », par exemple, il dit :
« Urugamba rurarema, rurarema, yemwe
Umwansi na we aratera
Ng’iyo imyampi iragurutse
Amacumu aragoba ».
Et le lendemain, des dizaines de jeunes de Bujumbura venaient lui demander :
« Que signifie ARAGOBA ? »

Dans « EWE BURUNDI NGIRA NDAKURIRIMBE », il vient avec
ce langage métaphorique qui étonne encore :
« Ewe Burundi, ngucurarange.
Usa n’akayaga ko ku mugoroba
Usa n’amazi y’umusarara
Eka usa n’Imana yakungabiye »
où il élève la comparaison de la beauté du Burundi sur trois échelons successifs : le doux vent du crépuscule, l’eau limpide et Dieu lui-même. Du nouveau ça !

Et dans « HORA, IHORERE MAMA »,
Canjo vous chante dans un Kirundi châtié :
« Hora, nkima y’Umugamba, yikima ntibatere ;
Hora, kanyana k’i Burundi, kigina bagacura »
qui met à terre tous les prétendants auteurs-compositeurs de la capitale qui se croyaient toujours être les meilleurs à peindre la beauté, la démarche et le charme de leur bien-aimée !

https://musicologygitega.wordpress.com

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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