Le Batteur JACQUES DUTRONC au Service de Tous les Premiers Orchestres Constitués à Bujumbura à la fin des années 70 – début 80.

Le Batteur JACQUES DUTRONC au Service de
Tous les Premiers Orchestres Constitués à Bujumbura
à la fin des années 70 – début 80.
(En affiche : Jacques Dutronc à gauche avec le Premier
Orchestre national du Burundi, 1977)

« Artiste très dévoué, Batteur amoureux de tous les styles de musiques en vogue des années 70 début 80, nous n’avons jamais connu son vrai nom sauf cet alias de ‘Jacques Dutronc’ » déclare Mgr Justin Baransananikiye, son ancien collègue à l’orchestre national. Il a grandi à Bwiza côtoyant tous les groupes musicaux qui s’y sont successivement formés et développés entre 1960 et 1980. Actif dans le célèbre cercle musical de « Kithantos » à la 3e avenue aux côtés du chanteur-guitariste Alonzo et du bassiste Arthur Simvura, Jacques a constitué avec eux un orchestre fantastique que tout Bujumbura a adoré et applaudi à cette époque pour ses interprétations sans faute de différentes musiques congolaises de style ‘soukous’ et ‘rumba’, mais aussi ‘afro-cubaines’ qu’il fallait absolument danser pour mériter l’appellation ‘Yankee’ qui soufflait sur toutes les lèvres des jeunes. De nationalité Congolaise, Jacques Dutronc est finalement devenu un fils bien aimé du Burundi, un maillon indispensable dans la chaîne de développement de notre musique.

« A l’Orchestre national, nous le recrutons vers fin 1977 pour seconder Evariste Niyonzima, mais surtout pour le relayer dans les chansons aux rythmes ‘forts’ comme nous les appelions, ces rythmes qui faisaient bouger tout le monde lors des soirées dansantes au Cercle nautique, à la Paroisse Saint Augustin de Buyenzi, à l’OCIBU, au Carrefour de la JRR à Ngagara, etc.  C’est bien Jacques Dutronc qui a signé la batterie lors de l’enregistrement de ma chanson ‘SI WE YAKWANSE’ à la Radiodiffusion nationale du Burundi en 1979. Cette chanson a jusqu’ici été faussement attribuée à mon frère-cousin David Nikiza. En effet, Niki Dave n’a jamais chanté avec des jeunes filles à l’orchestre AMABANO qui était constitué de jeunes gens depuis sa création. Elles y sont entrées seulement après son départ vers fin 1978. Les voix féminines qui sont entendues  dans ‘SI WE YAKWANSE’ sont celles de Rose Twagirayezu, Chantal Niyibizi, Sidonie Nzeyimana et Goreth Habonimana de l’Orchestre national que je dirigeais », précise Justin Baransananikiye.

SI WE YAKWANSE

Ai yohoo, ai yowe !

Erega, mukobwa, si we yakwanse ;
Ni we wamugoye
Ngo uri umuhinga.
Wazize umukwegano w’abaguhenda,
Ijoro, umurango, mbe waja hehe?

Erega, muhungu, si we yakwanse;
Ni we wamugoye
Ngo uri umuhinga.
Wazize umukwegano w’abaguhenda,
Ijoro, umurango, mbe waja hehe?

Ai yohoo, ai yowe !

Jacques Dutronc fut également batteur lors de l’enregistrement des célèbres chefs-d’œuvre de Sidonie Nzeyimana (« INGERI WE ! », « TURI IMBANZA GUSERUKA », « AGACACA KARANTEZE ») à l’Orchestre national. C’est aussi lui qui fut batteur dans le nouveau groupe « HAPPY CHILDREN » que David Nikiza a créé aussitôt qu’il venait de quitter l’orchestre AMABANO. Mais il a également joué avec Prosper Burikukiye (alias Bahaga) lors de la réalisation du clip ‘MPORE MA’ à la RTNB avec Muhozi Innocent qui animait l’émission « Au-delà du Son ». Jacques Dutronc s’est éteint à Kigali au début de l’année 2015.  Tous ceux qui l’ont connu n’oublieront jamais son beat professionnel combien précis et envoûtant.

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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