(2e Partie) : IL Y A 20 ANS, Le Grand CANJO AMISSI NOUS QUITTAIT !

(2e Partie) : IL Y A 20 ANS, Le Grand CANJO AMISSI NOUS QUITTAIT !
(Une Interview avec Mgr. Justin Baransananikiye,
son plus proche Collaborateur à l’orchestre national)

EN AFFICHE: CANJO Amissi avec l’Orchestre AMABANO (1979), Les chanteuses: Chantal Niyibizi, Goreth Habonimana et Sylvana.

RÉDACTION : Dans notre deuxième partie consacrée au 20e anniversaire de la disparition du grand artiste Burundais CANJO Amissi, nous allons surtout tacher de savoir comment distinguer un CANJO de l’Orchestre National de celui de l’Orchestre AMABANO où il a poursuivi sa carrière. Mgr. Justin, pourriez-vous nous dire combien de temps exactement CANJO a passé à l’Orchestre National ?

Mgr. JUSTIN : CANJO est resté avec nous à l’Orchestre National depuis Septembre 1977 à Septembre 1978, soit une année seulement.

RÉDACTION : La génération actuelle qui n’a pas connu ses débuts dans la carrière musicale a du mal à distinguer un CANJO de l’Orchestre National et un CANJO de l’Orchestre AMABANO. Il y en a même qui confondent les deux orchestres.

Mgr. JUSTIN : Précision d’abord : l’Orchestre National du Burundi a été mis sur pied par le Département des Arts et de la culture au Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture dès le début de l’année 1977. Comme je l’écris dans mon livre « De l’Inanga à la Guitare Classique-Une Histoire de la Naissance de la Musique Burundaise Moderne », l’Orchestre AMABANO, lui, organisé par la Voix de la Révolution du Burundi (nom de la Radiodiffusion nationale à cette époque) est né à partir du groupe ‘EXPLORERS’ de NIKIZA David qui est seulement arrivé au Burundi en Février 1978 sur invitation et sous le haut patronage à 100% d’Athanase Karayenga, alors Directeur général. La ligne de démarcation d’un CANJO de l’Orchestre national de celui de l’Orchestre AMABANO repose sur les chansons qu’il a produites séparément des deux côtés.

D’abord, avec l’Orchestre National : CANJO a enregistré « Ntacica nk’irungu », « Umugabo w’ukuri », « Garukira aho », « Wagiye hehe kiyago canje » ainsi qu’une autre belle chanson « Kaze bene mama, kaze, dusangire umunezero » qui a probablement disparu dans les archives de la Radio nationale. Dans toutes ces chansons, les voix entendues sont celles de : CANJO Amissi, l’auteur-compositeur-interprète secondé par les chœurs constitués de jeunes filles (Rose Twagirayezu, Chantal Niyibizi, Sidonie Nzeyimana et Goreth Habonimana) ainsi que celles d’Emmanuel Sindayigaya et Justin Baransananikiye. La complicité instrumentale est généralement signée : Canjo lui-même (à la guitare solo) Adolphe Bigirimana (à l’accompagnement), Magloire (alias Buddy) à la guitare basse, Aloys Ndahigeze, Evariste Niyonzima et Jacques Dutronc à la batterie et Justin Baransananikiye à l’orgue.

CANJO quitte l’Orchestre national vers fin Septembre 1978 avec comme destinée première la faculté des Lettres à l’Université du Burundi. C’est à ce moment qu’AFRICANOVA, qui venait de prendre la relève de David NIKIZA exclu de l’Orchestre AMABANO deux mois auparavant, entreprend les démarches de recrutement de CANJO en remplacement de ce dernier. CANJO était le seul musicien burundais capable de remplir valablement le vide laissé par NIKI Dave dans la mission que le groupe AMABANO allait entreprendre à Amsterdam (Hollande) pour ramener le trophée du Concours du MOULIN D’OR organisé par Radio Nederland la même année sous la supervision de MANU DIBANGO. Les AMABANO avaient déjà été proclamés gagnants de ce concours. CANJO m’a fait personnellement part de ce projet et je l’ai encouragé tout en lui souhaitant bonne chance. Voilà !

RÉDACTION : Et quelles sont les chansons que CANJO a enregistrées avec l’Orchestre AMABANO ?

Mgr. JUSTIN : J’allais justement y arriver. Mais avant d’en parler, j’aimerais livrer une autre information à nos lecteurs. Au retour d’Amsterdam, l’Orchestre AMABANO a recruté deux chanteuses de l’Orchestre national, à savoir, Chantal Niyibizi et Goreth Habonimana (respectivement à gauche et au centre sur la photo en affiche). C’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles le public confond les chansons de CANJO à l’Orchestre national avec celles qu’il a chantées avec AMABANO parce les voix féminines entendues se ressemblent.

Alors, Avec l’Orchestre AMABANO, Canjo a produit « Ewe Burundi, ngira ndakuririmbe », « Mbega mukobwa ko ugenda vyanka », « Hora ihorere mama, hora mwiza wanje », « Reka nkuyage Muvyeyi », « Uzoza ryari ? », « Uri intore ku mutima » ainsi qu’une autre très belle chanson (la dernière de sa carrière) titrée « Ntukajane nyabahururu ». La chanson « Sokuru yari intwari » (avec laquelle CANJO a gagné les prix DECOUVERTES 81 de RFI et le PRIX CALAO) a été exécutée par lui seul en solo sur guitare sèche.

RÉDACTION : Et si l’on vous demandait quels grands souvenirs vous avez de CANJO, que répondriez-vous ?

Mgr. JUSTIN : Il était avant tout un ami et un frère que j’aimais tant. Plusieurs autres épisodes partagés dans notre vie privée (qui restent notre secret à deux), nous unissent éternellement. Je garde aussi de CANJO un triple souvenir de POETE ‘Kirundi’ incomparable jusqu’ à ce jour, de GUITARISTE emblématique dans la musique burundaise, et de véritable CHANTEUR-figure de l’homme ‘Mushingantahe’ Murundi, maître de son art de chant.

RÉDACTION : Et en conclusion ?

Mgr. JUSTIN : J’aimerais que le public apprenne aujourd’hui que c’est avec CANJO, David NIKIZA et Augustin NDIRABIKA que le projet de création de l’Institut de Musicologie de Gitega a été conçu et discuté pour la première fois, en 1978.

https://musicologygitega.wordpress.com

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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