RETROUVAILLES (2ème partie): NGABO Léonce et Mgr. Justin BARANSANANIKIYE

RETROUVAILLES (2ème partie):
NGABO Léonce et Mgr. Justin BARANSANANIKIYE,

L’AMICALE DES MUSICIENS DU BURUNDI,
UN POINT DE DEPART DECISIF POUR RENDRE SERVICE A NOTRE MUSIQUE ET AUX MUSICIENS BURUNDAIS AUJOURD’HUI.

(En affiche : NGABO Léonce avec Mgr. Justin BARANSANANIKIYE
à L’hôtel ACCOLADE de Gitega)

Dans cette seconde partie consacrée aux RETROUVAILLES de NGABO Léonce avec son ancien compagnon de la scène musicale, Mgr. Justin BARANSANANIKIYE, nous les entendrons parler des questions beaucoup plus profondes visant l’action immédiate qui est requise dans l’œuvre de revalorisation et de promotion de la Musique Burundaise moderne. En effet, en créant l’AMICALE DES MUSICIENS DU BURUNDI, Ngabo Léonce a accompli une œuvre grandiose et inoubliable qui est d’ailleurs déjà inscrite dans les anales de l’histoire de la musique Burundaise moderne (cfr. L’ouvrage « De l’Inanga a la Guitare Classique, une Histoire de la naissance de la Musique Burundaise Moderne » de Mgr. Justin Baransananikiye). Cette Association culturelle a aujourd’hui trente (30) ans d’existence. Dans le premier article, Ngabo Léonce et Mgr Justin avaient parlé de leur vision commune de tout faire pour aider l’Amicale à rendre service à notre musique et aux musiciens burundais.

« Analysons concrètement les questions auxquelles elle est appelée à faire face AUJOURD’HUI », se disent-ils avec son interlocuteur Justin. Ensemble ils relèvent les point cruciaux suivants :

a) L’Amicale des Musiciens du Burundi a-t-elle déjà pris en mains la question incontournable de formation des musiciens burundais dans des écoles de musique reconnues compétentes? Non. Ngabo Léonce et Mgr. Justin constatent qu’aussi longtemps que nos musiciens ne seront pas formés sérieusement, la musique burundaise souffrira toujours de pas mal de manquements dans le processus de son développement. Comment déclencher la mise en œuvre de cette valeur et faire vraiment comprendre à nos musiciens qu’ils doivent obligatoirement passer par là pour réussir?

Sur ce point, Mgr. Justin précise qu’en créant l’Institut de Musicologie de Gitega en 2014, il avait dès le départ inscrit parmi les sept (7) points de sa mission deux projets importants au profit des musiciens burundais, à savoir :
– La formation des jeunes musiciens du Burundi en leur donnant des connaissances théoriques et pratiques en matière de Musique, enrichies par une recherche systématique sur les « Musiques d’aujourd’hui », qui leur permettraient de produire un travail professionnel original, de qualité et acceptable selon les normes de cet Art.
– Un projet visant à épauler les jeunes talents musicaux burundais en leur offrant une assistance dans la transcription et l’harmonisation de leurs œuvres musicales.

A notre époque dans les années 70, poursuit Ngabo, le gros des musiciens burundais avaient fait les humanités générales où ils avaient été formés à appliquer les principes de base de la musique moderne, le solfège et la pratique correcte de certains instruments, raisons pour lesquelles d’ailleurs leurs productions musicales portaient un cachet de recherche et de respect des normes de la composition musicale et des arrangements harmoniques. Tous ces aspects ont malheureusement été complètement perdus dans les années 80. Et Mgr. Justin de constater avec amertume que le musicien burundais ne sachant plus où aller ni que faire exactement, a alors choisi d’imiter tout ce qu’il trouvait sur les radios et cassettes, etc, comme chansons et rythmes modèles en vogue. Et tout cela, sans jamais avoir pris conscience qu’il avait un art musical propre à lui qu’il était appelé à exploiter, à défendre et à développer. Mgr. Justin souligne que jusqu’à ce jour, aucun des musiciens burundais connus sur la scène n’a encore pris le chemin de l’Institut de Musicologie de Gitega. « Nous n’avons que des candidats désirant se préparer à devenir enseignants du cours de musique !», conclut-il.

Même si on les y encourageait, reprend Ngabo Léonce, en les aidant, par exemple, avec un soutien financier pour les frais de minerval et des fournitures scolaires, plusieurs resteraient encore réticents. La raison est claire, précise-t-il : les musiciens burundais sont en grande partie des jeunes sans emploi, vivant difficilement en tâtonnant au jour le jour avec de petits métiers à gauche et à droite. La plupart ont d’ailleurs déjà fondé leur foyer (quoique trop jeunes pour cela) et leur demander d’aller à l’école signifierait les obliger d’abandonner les responsabilités familiales. Mgr. Justin suggère d’aller plus loin : Et si, dit-il, en même temps qu’on leur offrirait un soutien pour les études musicales à Gitega, on les organisait en petites associations commerciales ou de production agricole (tenues par leurs épouses bien sûr) qui leur permettraient de gagner quelque chose pour la survie de leurs familles, je pense que ce serait une des solutions éventuelles qu’ils accepteraient, peut-être.

b) La formation à l’Institut de Musicologie de Gitega n’est certainement pas à la portée de tous, étant donné que cet établissement de niveau supérieur ne recrute que des finalistes de l’enseignement secondaire et plus. Ngabo Léonce propose alors que dans les projets à envisager avec Mgr. Justin, l’on pourrait entre autre organiser des ateliers de formation de deux à trois semaines touchant des domaines variés, par exemple, LA FORMATION VOCALE, LA FORMATION DES PIANISTES, LA FORMATION DANS L’ART DE COMPOSER, LA DECOUVERTE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE DANS SES SPECIFICITES ET LA METHODOLOGIE DE LEUR DEVELOPPEMENT DANS LE CONTEXTE MODERNE, etc.

Mgr. Justin ajoute quant à lui qu’on y ajouterait une formation dans l’entreprenariat musical sur LES METIERS DE LA MUSIQUE que plusieurs ignorent mais qui pourraient les aider à se créer eux-mêmes des professions bien organisées et rémunérées. On pourrait également leur donner une formation dans la gestion des ensembles musicaux où ils apprendraient à travailler en groupes de soutien mutuel pour organiser des concerts à travers le pays, produire et vendre des albums ensemble au lieu d’évoluer individuellement comme ils le font aujourd’hui. Avec la participation de certaines personnes bien disposées à donner des garanties pour ces efforts, l’on pourrait même, ensemble avec l’Amicale, approcher des institutions bancaires pour contracter de petits crédits permettant d’entreprendre ces projets et les développer sur un long terme.

Enfin, Ngabo Léonce et Mgr. Justin trouvent qu’il est urgent d’organiser notamment des kermesses et autres rencontres avec plusieurs personnalités dans les milieux d’affaires burundais et des donateurs indépendants (nationaux et internationaux) afin de leur expliquer en détail cette vision et son bien fondé pour la promotion de la Musique et de la culture burundaises en général, et solliciter leur appui.

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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