« NOUVELLES MUSIQUES » POUR LA SAUVEGARDE DE L’ART CHORÉGRAPHIQUE DES DANSES BURUNDAISES

« NOUVELLES MUSIQUES » POUR LA SAUVEGARDE DE
L’ART CHORÉGRAPHIQUE DES DANSES BURUNDAISES

Avec l’explosion du mouvement des « CLUBS DE DANSES TRADITIONNELLES » il y a environ trois décennies, les fans de la musique et de l’Art chorégraphique du Burundi avaient poussé un « ouf ! » de soulagement, convaincus que ces deux secteurs de notre culture allaient enfin marquer un pas décisif remarquable dans leur développement. Etant étroitement liées et pratiquement indissociables, notre musique et nos danses traditionnelles ne peuvent se développer de manière séparée sous risque de les retrouver tout simplement déformées, chacune au profit d’apport artistiques exotiques inconnus des Barundi.

Sachant par ailleurs que ces deux arts sont complémentaires dans le processus de maintenance d’une ethnomusicologie se démarquant des mélanges importés pouvant la détruire, il est de notre devoir de lutter pour garder leur cohésion. Nous exprimons ici nos profonds remerciements vis-à-vis de tous les « CLUBS DE DANSES » du Burundi pour la bonne initiative et les efforts qu’ils ont consentis dans ce domaine quoique devant encore faire face à de nombreux défis. Aussi n’oublions pas non plus que tous les styles musicaux particulièrement dans les cultures africaines, afro-américaines et antillais, se sont généralement et exclusivement développés en s’appuyant sur une ou plusieurs rythmiques des danses existantes et connues dans leurs sociétés. Ce principe-clé, a-t-il échappé à l’attention des artistes burundais actuels ?

En parlant ainsi, que voudrions-nous signifier au juste ? Depuis bon nombre d’années en effet, certains « CLUBS DE DANSES » du Burundi, pour des raisons non encore élucidées, nous font assister à une métamorphose forcée de nos danses traditionnelles vers des styles mélangés avec des apports étrangers qui ont fini par en effacer près de cinquante pour cent de la saveur de notre originalité chorégraphique. A certains moments, en effet, l’on remarque ici et là qu’un pas, un geste ou un mouvement faits par les danseuses ne sont pas tout à fait ceux que feraient à la même action les danseuses traditionnelles de nos villages dans la campagne. Cela constitue un début de perte de l’identité culturelle.

Le Murundi de la diaspora, par exemple, quoique éloigné de sa terre natale, porte toujours dans son cœur les accents originaux de cette musique et de ces danses qu’il a connues autrefois étant encore au pays. C’est cela que son cœur réclame et voudrait revivre quand il regarde une vidéo produite par nos Clubs de danses. Il a besoin de se sentir emporté par le pas et le rythme réels non réduits reflétant concrètement sa culture. Cultiver un modernisme chorégraphique est bon, mais cela ne doit en aucun cas prétendre effacer les valeurs originales de nos danses par ailleurs riches en couleurs et accents introuvables ailleurs. Et quels que soient le degré ou le niveau d’expertise des chorégraphes instructeurs de ces Clubs, un retour aux sources de nos danses s’impose afin de réapprendre avec exactitude les règles et techniques naturelles traditionnelles de la chorégraphie burundaise. Elles existent bien sûr !

Et que devrait maintenant et concrètement être l’apport et l’appui des « Nouvelles Musiques Burundaises Modernes » dans cette démarche que nous préconisons pour la SAUVEGARDE  DE L’ART CHORÉGRAPHIQUE DE NOS DANSES TRADITIONNELLES ?

Pour avoir cherché à évoluer seule sans l’appui des rythmiques et caractéristiques spécifiques de nos danses, la Musique burundaise moderne, elle aussi, nous l’avons tous vu, a fait naufrage et est petit à petit devenue un art sans identité, vivant des emprunts faits à gauche et à droite par nos musiciens sous le vent d’inspirations hasardeuses qui l’ont finalement engloutie. Qui des musiciens burundais de la génération actuelle s’en rend compte ? Pourquoi se pressent-ils à pondre au jour le jour une infinité de chansons sur d’autres rythmes qui ne sont pas de leur culture ? REPONSE : tout simplement parce qu’ils ont sous-estimé et par là perdu leurs propres valeurs artistiques. Ils restent esclaves de tous les vents artistiques qui sollicitent leur oreille irresponsable.

Nous tenons ici à exprimer une fois de plus nos vives félicitations et nos encouragements à l’artiste Burundais HAKESHIMANA Jérémie évoluant en Belgique, qui est créateur du style musical « UMUDIDIZO » inspiré de la musique du mortier et du pilon tirée de sa région natale de l’Imbo-Mumirwa au Burundi. Jérémie fait un travail remarquable que les Burundais de la diaspora devraient soutenir et montrer comme exemple à suivre par plusieurs autres de nos jeunes musiciens ici non encore expérimentés qui pensent réussir en revêtant la peau des styles musicaux nigérians ou autres. En écoutant sa musique, l’on ressent que l’UMUDIDIZO (les coups de pilon dans le mortier plein de manioc sec) est vraiment présent, exprimant avec profondeur l’ardeur du Murundi laborieux vivant de son propre travail et de ses propres forces.

En vue de tracer la voie pour des solutions efficaces à cette problématique, Mgr. Justin BARANSANANIKIYE, Directeur de l’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en collaboration avec son confère NGABO Léonce, projettent d’organiser ensemble un ATELIER NATIONAL SUR LA DANSE ET DE LA MUSIQUE BURUNDAISES auquel prendront part les chorégraphes et danseuses des « Clubs de danses » opérant au Burundi, ainsi que des musiciens burundais traditionnels et modernes. Nous demandons un soutien et un appui de la part des Burundais de la diaspora.

NOS OBJECTIFS :

– Jeter un coup d’œil exhaustif sur toutes les constructions rythmiques des différentes danses traditionnelles burundaises, les analyser, les parcourir et les découvrir ;
– Dégager des règles et principes naturels régissant les techniques de nos différentes danses telles que créées par nos ancêtres ;

– Lancer un Projet national de production de « Nouvelles Musiques » à caractère tradi-moderne s’appuyant sur ces rythmiques de nos danses traditionnelles afin de les perpétuer et les véhiculer correctement dans le cœur des générations à venir.

L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA ouvre les portes pour la coopération avec tous les partenaires culturels intéressés souhaitant s’impliquer dans ce travail.

Nous contacter :
INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
B.P. 197 Gitega (Burundi)
Tel: +257 79877097
Email : baransajust@gmail.com
https://musicologygitega.wordpress.com

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MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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