UN APPEL AUX MUSICIENS BURUNDAIS A REJOINDRE LES TRAVAUX DE RECHERCHE ETHNOMUSICOLOGIQUE, Seule Porte Sûre Vers de Nouvelles Créations Originales

UN APPEL AUX MUSICIENS BURUNDAIS A REJOINDRE
LES TRAVAUX DE RECHERCHE ETHNOMUSICOLOGIQUE,
Seule Porte Sûre Vers de Nouvelles Créations Originales

Plusieurs Burundais appellent « MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE » tout ce qui se chante aujourd’hui en langue KIRUNDI avec l’accompagnement d’instruments occidentaux, ou dans un dialecte-créole imaginaire mêlé d’un Kirundi assaisonné par des termes importés on ne sait d’où. C’EST FAUX ! Ce n’est pas cela la Musique burundaise développée dont nous devons nous vanter et que nous croyions pouvoir afficher sur le tableau de la mosaïque des musiques du monde hautement prisées dans le business musical international actuel.

Ne nous y trompons pas, mais posons-nous sincèrement la question suivante en tant que Burundais responsables de nos valeurs et richesses culturelles : « Pourquoi les investisseurs culturels internationaux ne sont-ils pas attirés à venir exploiter ce que nous sommes en train d’appeler faussement ‘Musique burundaise moderne’ ? » Réponse simple et claire : ce que nous brandissons comme musique ne contient rien d’innovant et ne porte aucun cachet original nouveau recherché par les consommateurs des nouvelles musiques que le monde voudrait découvrir.

Effectivement, les musiciens burundais de la génération actuelle s’étant eux-mêmes détournés et privés de leur propre source ethnomusicologique, ne peuvent récolter autre chose qu’un état d’esclavage sous des styles musicaux exotiques en vogue dont ils ne connaissent d’ailleurs pas les structurations artistiques. Pour ne citer que quelques exemples illustratifs de musiques originales déjà développées et modernisées par des artistes d’autres pays conscients et amoureux de leur art, précisons ici à l’intention des musiciens burundais que tous ces styles musicaux sur lesquels ils sont en train de s’agriffer sont le fruit d’un dur labeur accompli volontairement et avec grands sacrifices :

– La SAMBA, par exemple, est l’une des formes les plus populaires de la Musique traditionnelle nationale du Brésil.
– Le ZOUK est un style de musique originaire de Guadeloupe et de Martinique ayant ses racines dans la musique KOMPA de Haïti et de la musique Dominicaine
– Le MERENGUE est un style de musique/danse joyeuse très animée également originaire des traditions musicales de la République Dominicaine.
– Le KIZOMBA est un style de musique/danse populaire de l’Angola.
– La SOUKOUS est un style musical né dans les deux Congo autour des années 30-40 et est devenu populaire dans toute l’Afrique.
– Le MAPOUKA est une danse/musique originaire du Sud-est de la Côte d’Ivoire dans la zone de Dabou. Aujourd’hui, il gagne toute l’Afrique de l’Ouest.
– Le JUJU et l’APALA sont des styles de musiques populaires du Nigeria dérivées des percussions de la Tribu Yorouba. C’est aussi à que le grand FELA KUTI a puisé inspiration pour créer l’AFROBEAT.
– Le CHIMURENGA quant à lui, est un genre musical populaire du Zimbabwe.
– La MARRABENTA est un style de musique/danse originaire du Mozambique. Etc, etc.

Et alors, quel style de musique burundaise moderne avons-nous qui serait née des nombreuses musiques traditionnelles du Burundi après 50 ans d’indépendance ? Nous sommes encore sous colonisation culturelle ! Félicitons toutefois encore l’artiste Jérémie HAKESHIMANA (alias YELE), fondateur du style musical UMUDIDIZO moderne qu’il a tiré de la musique traditionnelle burundaise chantée et accompagnée au pilon et au mortier ainsi que Gilbert NDAKOZE (Alias GINDA) pour l’excellent travail de recherche qu’il fait sur l’Inanga. Nous ferons certainement appel à eux dans les nouvelles recherches que nous entreprenons sur d’autres styles musicaux burundais.

Voilà donc deux questions pertinentes qui se posent aujourd’hui à la fois aux responsables burundais ayant la Culture dans leurs attributions et aux musiciens burundais également :
– Pourquoi ne pourrions-nous pas conjuguer nos efforts pour nous emparer officiellement de cette problématique de manque d’exploitation de nos musiques traditionnelles afin d’en faire une nouvelle vision artistique de travail pour nos artistes au moment où l’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA offre volontiers son expérience et ses compétences en matière de recherche ethnomusicologique ?
– Apprécions-nous de la même manière l’apport de la Culture en général et celui du secteur de la musique en particulier dans le développement de l’économie nationale ?

En parlant ainsi, nous voudrions bien sûr exprimer la fierté que le peuple burundais a vis-à-vis de sa musique, ses chants et ses danses populaires qui devraient être partagés avec le reste du monde pour en rapporter des revenus dont il a grandement besoin. Malheureusement, dans les nombreuses chansons déjà produites par les différents noms qui prétendent représenter aujourd’hui la musique burundaise moderne, OU EST LE TRAVAIL DE DEVELOPPEMENT ET D’INTERNATIONALISATION DE NOS STYLES MUSICAUX : Inanga, Umuduli, Ikembe, Indonongo, Imvyinos, tout comme nos belles danses ?

Ce n’est pas sans raison que l’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA présente en ce moment à nos artistes une orientation nouvelle devant guider le travail des auteurs-compositeurs burundais. L’espoir qui avait été donné par les musiciens de la première génération dans les années 70-80 avec l’orchestre national et l’orchestre Amabano n’est plus ressenti dans les créations musicales d’aujourd’hui. Tous les soi-disant « Producteurs burundais » n’ayant aucune expérience dans la recherche ethnomusicologique ne peuvent que diriger leurs inspirations et leur efforts sur ce qu’ils entendent vibrer sur les médias internationaux, et pas plus. Où va la musique burundaise alors ?

Nous contacter :
INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
B.P. 197 Gitega, Burundi
Tel : (+257)79 877 097
Email: baransajust@gmail.com
Website: https://musicologygitega.wordpress.com

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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