DES ARTISTES BURUNDAIS REAGISSENT FACE A LA PROBLÉMATIQUE DE PROMOTION DE LA MUSIQUE BURUNDAISE

DES ARTISTES BURUNDAIS REAGISSENT FACE
A LA PROBLÉMATIQUE DE PROMOTION DE LA
MUSIQUE BURUNDAISE

Il a réagi à notre article précédent intitulé « UN APPEL AUX MUSICIENS BURUNDAIS A REJOINDRE LES TRAVAUX DE RECHERCHE ETHNOMUSICOLOGIQUE, Seule Porte Sûre Vers de Nouvelles Créations Originales ». Il, c’est bien Gad NIYOMUKUNZI de Bujumbura. Voici une observation poignante dont il nous a fait part :

« Je tiens à féliciter l’auteur de ce texte qui m’inspire et me rappelle quelque chose. Je me suis posé de telles questions le jour où j’étais avec un certain producteur. J’avais ma guitare avec laquelle je lui montrais les notes barrées de ma chanson. Je lui ai même montré les notes simples mais il n’était pas en mesure de savoir de quoi il s’agissait. Certaines personnes se nomment « producteurs » alors qu’elles ne savent jouer d’aucun instrument de musique. Ça fait chuter l’industrie musicale au Burundi. Leurs œuvres sont des copies des œuvres d’autres producteurs internationaux. Parfois ils téléchargent des instrumentales sur internet et proposent aux chanteurs d’enregistrer dessus. Ils volent des œuvres, ils bafouent les droits d’auteurs. Il arrive souvent qu’ils proposent le même instrumental aux différents chanteurs. Ils manquent de création musicale. Par conséquent, les prétendues stars « soi-disant ambassadeurs de la musique burundaise » ne font qu’imiter les styles et mélodies étrangères. Il faut que nous préservions notre culture afin que nous montrions la différence. Nous devrions créer (si jugé bon) un mélange des styles originaux et « modernes » pour une harmonisation musicale », écrit Gad NIYOMUKUNZI, à qui nous réitérons toute notre reconnaissance et nos félicitations pour ce partage franc et responsable.

Qu’en dites-vous, messieurs les « Producteurs musicaux » établis à Bujumbura ? La balle est dans votre camp. Réagissez et répondez à cette remarque, par ailleurs justifiée, qui vous est faite de la part des musiciens que vous recevez dans vos studios. Nous publierons volontiers vos répliques. Saviez-vous que bientôt un bon nombre de jeunes musiciens burundais auront suivi une haute formation en Musique, Ethnomusicologie et business musical à l’Institut de Musicologie de Gitega, et pourront, tout naturellement remettre en doute vos compétences ? Êtes-vous réellement conscients que le monde se développe ? Nous vous avons invités maintes fois (et l’invitation reste en cours) à vous faire inscrire aussi pour de telles formations à l’Institut de Musicologie afin d’obtenir un diplôme de qualification qui témoignerait de vos aptitudes en musique.

Entre temps, acceptez que nous vous donnions ce conseil : l’industrie musicale n’est pas un jeu. C’est carrément une industrie au vrai sens du terme, qui a ses lois et principes directeurs. Vous devez vous y conformer. Vous vous faites nommer PRODUCTEURS alors qu’il n’en est rien. Dans le business musical, une personne est appelée « producteurs » quand et uniquement quand elle investit son argent pour financer les travaux d’un artiste. Ce qui étonne, c’est qu’en vous faisant appeler PRODUCTEURS, vous vous permettez d’exercer les métiers d’ ARRANGEUR MUSICAL et celui d’Orchestrateur. Saviez-vous que ces derniers sont des métiers très sophistiqués dans l’industrie musicale, qui requièrent une formation de haut niveau en musique et une compétence nourrie d’une solide expérience. Avez-vous ces capacités alors ?

Les artistes Burundais que vous induisez en erreur en leur faisant chanter sur des instrumentaux volés sur internet, ne pourront faire carrière ni gagner leur vie hors du Burundi. Dissociez-vous de cette pratique. Acceptez d’être formés, nous vous le répétons. « Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois », dit un adage français. Bientôt nous allons vous confronter à des musiciens qualifiés, formés à l’Institut de Musicologie de Gitega. Vous aurez du mal à continuer sur cette voie et, nous vous l’assurons bien avant, la honte couvrira votre travail et vous serez contraints à démissionner. Et, pour vous faire prendre conscience que le métier avec lequel vous jouez n’est pas ce que vous croyez qu’il est, nous mettons en affiche de cet article LES PARTITIONS MUSICALES DE LA CÉLÈBRE CHANSON « UMUGABO W’UKURI » DE CANJO AMISSI. Pour pouvoir reproduire cette chanson, un arrangeur/orchestrateur européen ou américain ou chinois ou coréen, etc, prendra soin de nous nous la demander d’abord. Et vous ?
Nous contacter :
INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA
B.P. 197 Gitega, Burundi
Tel : (+257)79 877 097
Email: baransajust@gmail.com
https://musicologygitega.wordpress.com

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Publié par

MUSICOLOGY GITEGA

Ancien professeur de Musique, Justin BARANSANANIKIYE fut l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977. Il a participé à différents programmes inter-africains pour la promotion de la Musique tenus au Niger, au Bénin et au Togo. En 1991, il reçoit son « Doctor of Divinity », et en 1993, son « Doctor of Ministry » de Asia Graduate University and Theological Seminary, ainsi que l’« International Culture Prize in Religion ». Evêque depuis 1999, il est le fondateur de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA en 2013. Il est aussi auteur du livre "THE SWEEPING WAVE", (ISBN : 978-1-4567-8172-9) publié en 2011 aux éditions Authorhouse, Indiana, USA, et aussi "DE L'INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE-L'HISTOIRE DE LA NAISSANCE DE LA MUSIQUE BURUNDAISE MODERNE" en 2014.

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